les yeux d'oc

7 jours, un film

Miniyamba

Luc Perez, 2013, 14 min

L'esprit de Miniyamba, Grand Serpent protecteur et tyran des villages décrit par la mythologie soninké d'Afrique de l'Ouest, irrigue l'histoire dessinée que raconte Luc Perez. C'est une histoire très contemporaine, triste car on y parle de mort et joyeuse car la musique de Moussa Diallo et les sons cristallins du n'goni résonnent tout au long du film. Comme les dizaines de milliers de personnes qui chaque jour dans le monde quittent leur terre natale, Abdu, un musicien malien, et le jeune Bakari rencontré en chemin ont decidé de gagner l'Europe. De Bourem (région de Gao) à Aguelhoc, au sud de Tessalit, en plein désert, le convoi brinquebalant des émigrés juchés sur le camion fait route vers la frontière algérienne, puis gagne le Maroc, Tétouan et Bel Younech, paradis des vacanciers devenu l'enfer des migrants, jusqu'à l'enclave espagnole de Ceuta. Ils ont dû abandonner leurs dernières richesses pour payer les passeurs, mais ce sacrifice ne les protège pas des embûches qui se multiplient sur la route : débarquement impromptu du camion lors du passage des frontières, longues marches à pied en plein désert, bivouacs, chaleur torride et froid glacial, lassitude des corps et des esprits et toujours, la dangerosité de la rapacité humaine, l'exploitation, la corruption. Comme dans la vraie vie, seul un très petit nombre réussira à franchir le double grillage barbelé qui sépare le Maroc de l'enclave et à passer en Espagne. Les autres mourront sur place sous les balles de la police ou seront refoulés dans le désert. Amoureux du blues (le film est dédié à Robert Johnson et à Ali Farka Touré), Luc Perez a voulu que la musique traditionnelle malienne sous-tende l'action du film et réchauffe l'image de ses accords envoûtants. Réhaussés et dynamisés par le flux musical, les dessins s'animent de couleurs vives et de textures soyeuses jusqu'à nous faire comprendre de manière explicite, sans jamais nous brusquer, la tragédie que vit une grande partie de l'humanité.

Actualités

Fête de la musique

 

Depuis le 21 juin 1982, depuis 39 ans, la Fête de la musique investit les rues de France dans une ambiance bon enfant, et marque le début de l’été. Explorons différentes facettes de cette musique populaire, qui réconforte, célèbre, soude, montre le poing ou submerge de nostalgie.

 

Partons en voyage en Amérique du sud, à travers les figures emblématiques de la chanson chilienne: Victoria Jara, Violeta Parra, Patricio Manns, Horacio Salinas, Intillimani, Quilapayun, Sol y lluvia, mais aussi les représentants des nouvelles vagues rock et rap. La musique a exercé un certain pouvoir dans l’histoire récente de ce pays. Selon l’expression de Salvador Allende, "No habrá revolución sin canción" (Il n'y aura pas de révolution sans chanson), les chansons sont la voix narrative des moments historiques que ce pays a vécus. Elles ont accompagné les espoirs et la conscience du peuple, des années 70 à nos jours. Un plaisir pour les oreilles nostalgiques, qui ne cessent de croire qu’un autre monde est possible, et pour les rêveurs d’aujourd’hui.

 

Voir le film Il n'y aura pas de révolution sans chanson (Mélanie Brun, 2013, 89’)

 

Accostons sur l’île grecque de Lemnos, un soir d’été. Trois jeunes hommes sont réunis pour écouter des « Hasiklidika », chansons Rebetiko qui célèbrent les effets de l’ivresse et une certaine idée de la liberté, par-delà la violence et les souffrances de l’exil. Ces chansons ont été écrites au début du vingtième siècle dans des banlieues pauvres d’Athènes par des musiciens ayant dû quitter la Turquie.

 

Voir le film Don't Rush (Élise Florenty & Marcel Türkowsky, 2020, 53’)

 

Atterrissons au cœur de l’immensité canadienne, loin de toute ville, de tout village, dans un lieu désert où l’on peut faire du bruit. Plongeons dans ce rassemblement exceptionnel des plus grands batteurs de la planète partageant leur savoir avec des étudiants en musique. Rencontrons ces sortes de chaman que sont Dennis Chambers, Kenwood Dennard, Horacio «El-Negro» Hernandez, Giovanni Hidalgo, Mike Mangini, Raul Rekow et Nasyr Abdul Al-Khabyyr. Le talent explosif, la passion, l’humour et des personnalités irrésistibles sont au rendez-vous dans un cadre magique, où ces musiciens venant de différents horizons nous offrent une expérience profonde et inoubliable.

 

Voir le film Chœur de batteurs (John Walker, 2010, 85’)

 

Laissons-nous envahir par ces musiques et ces chants qui parlent à notre cœur plus intimement que bien des discours.

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