les yeux d'oc

7 jours, un film

Mon cœur voit la vie en noir - un amour à Kaboul

Helga Reidemeister, 2009, 87 min

Shaïma et Hossein s'aiment depuis l'enfance. Mais Hossein, poussé par la misère et non par conviction, s'est engagé dans la guerre aux côtés des talibans. Une explosion le laisse paralysé des deux jambes. Le père de Shaïma force alors sa fille à se marier avec un homme riche et polygame. Les deux amoureux se voient en cachette, sous la menace, en cas de dénonciation, du châtiment que réservent les impitoyables règles tribales locales. Mais le film va bien au-delà de cette histoire d'amour. La réalisatrice et son interprète afghane ayant réussi à établir des relations de confiance avec les filmés, elles évoluent en toute liberté au sein des deux familles. Et la parole des uns comme des autres fuse, dénonçant une organisation patriarcale au centre de laquelle règne l'argent et où les femmes ont un statut similaire à celui du bétail. Le père de Shaïma explique qu’il ne tire ses revenus que de la vente en mariage de ses filles, y compris sa petite de 13 ans, vendue dernièrement au Pakistan. C'est ainsi que, contre sa volonté, Shaïma est la 4ème épouse de son mari. Hossein dévoile aussi le rôle de l'argent dans les alliances politiques, qui sont à vendre au plus offrant. Terrible mise en abyme des rouages de la société afghane traditionnelle, ce film donne accès à une information peu couverte par les médias occidentaux.

Actualité

Un président pour l'Iran

 

L'élection présidentielle iranienne, au suffrage universel direct, se déroulera le 18 juin 2021. Le président est élu pour un mandat de quatre ans, renouvelable une fois. L'élection de mai 2017 avait vu la réélection dès le premier tour, avec 57,14 % des voix, d'Hassan Rohani, conservateur modéré, issu du Parti de la modération et du développement et soutenu par le camp des réformistes. Ayant accompli deux mandats, Rohani est inéligible à sa succession en 2021.

 

Voici deux films sur l’élection présidentielle de 2009, ayant généré suspicion de fraude massive, manifestations et affrontements violents ainsi que deux entretiens avec un cinéaste et un acteur, protagonistes de la Nouvelle Vague du cinéma iranien.

 

Salaam Isfahan, de Sanaz Azari (59', 2010)

Ispahan, juin 2009. De l'espace public de la rue, à l'espace privé des maisons, des Iraniens se font photographier par la réalisatrice. Au travers du dialogue engendré par la séance photo et de leur façon de se mettre en scène, les personnages se révèlent et une question émerge : quelles sont les limites spatiales et morales de l'autorité d'un régime ? Le film trace le portrait d'une société pendant les élections de juin 2009 qui verront la reconduction de Mahmoud Ahmadinejad au pouvoir, courte période de rêves où un changement se dessine.

 

Sanaz Azari est née à Ispahan en 1981. Elle a grandi et vit à Bruxelles où, après des études de photographie, elle a été diplômée de l’atelier de scénographie de l'École nationale supérieure des arts visuels de La Cambre. Parallèlement à ses études, elle a suivi, pendant trois ans, des cours intensifs de théâtre selon la méthode de Stanislavski. Après différents travaux de scénographies, d’installations urbaines et expositions, elle a réalisé en 2010 son premier documentaire, Salaam Isfahan, qui a remporté le Prix du public au festival Visions du réel à Nyon en Suisse. Par son travail subtil et respectueux, la réalisatrice nous permet d’approcher l‘Iran à travers ses habitants.

 

Fragments d'une révolution, réalisation anonyme (55', 2011)

Iran, 12 juin 2009. Dénonçant une "fraude massive" aux élections présidentielles, des centaines de milliers d’Iraniens sont descendus dans la rue pour exprimer leur mécontentement. Alors que les journalistes locaux ont été muselés et les journalistes étrangers expulsés du pays, ces affrontements violents sont visibles dans le monde entier grâce aux images amateurs filmées par des manifestants anonymes. Pendant un an, les Iraniens vivant à l'étranger ont suivi la "révolution verte" à travers Internet. Entre les images anonymes amateurs et les images du pouvoir, les réflexions, les sentiments échangés par mail et les discours officiels, ils ont essayé de constituer, à distance, leur propre récit des événements.

Ce film a été distingué par les festivals Cinéma du réel (Paris, France), DOK Leipzig (Allemagne) ainsi que par la SCAM.

 

Cinéastes au Centre - Amir Naderi, de Lucia Barahona (22', 2018)

 

Cinéastes et Acteurs au Centre - Amir Naderi et Madjid Niroumand, de Lucia Barahona (24', 2018)

 

La Nouvelle Vague iranienne a débuté en 1969, instillant une nouvelle dynamique dans le cinéma de ce pays, le rendant plus ouvert. Voici deux entretiens avec des protagonistes de cette nouvelle vague.

 

Amir Naderi, réalisateur iranien, est né le 24 août 1945 à Abadan. Il a tourné en 1971 son premier film A bientôt, mon ami, puis Le Coureur en 1985, et L'eau, le vent, la poussière en 1989. Après qu'un certain nombre de ses films ont été interdits par le gouvernement iranien, Amir Naderi a quitté le pays et s’est installé à New York.

 

Madjid Niroumand fut l’acteur enfant du film d’Amir Naderi Le Coureur, film iranien important.

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