les yeux d'oc

7 jours, un film

Cosmos privé

Héléna Trestikova, 2012, 88 min

La réalisatrice Helena Třeštíková, un temps ministre de la culture de son pays, est l'une des plus éminentes représentantes d'une branche très active du cinéma documentaire, l'observation à long terme. Au cours de sa déjà longue carrière de cinéaste, elle a filmé à intervalles réguliers des personnes de son entourage, familles sans histoire ou personnages aux destins tragiques. Dans "Cosmos privé", elle s'invite chez les Kettner, famille qu'elle a commencé à suivre dès 1974. Le journal intime du père, Petr Kettner, sert de fil conducteur à travers les petits et les grands événements que traversent la famille et le pays. Un journal souvent humoristique, fait de mots mais aussi d'objets, photos, dessins et billets de banque. En contrepoint aux récits personnels, la télévision égrène des images d'archives qui témoignent du passage inexorable du temps: les présidents de la république se succèdent pour présenter leurs voeux, les fusées russes s'élancent à la conquête de l'espace, le chanteur populaire Karel Gott construit son statut d'inoxydable icône des médias. Les années s'enchaînent, les enfants naissent et grandissent, les aïeuls meurent, les événements politiques glissent sur le quotidien. Le film pourrait s’arrêter là, mais la réalisatrice délaisse les parents pour s'attacher au fils aîné, Honza, qu'elle a vu naître. Le film explore alors un chemin de traverse en suivant les pérégrinations de ce garçon fantasque et marginal, venu de nulle part, étoile incandescente dérivant librement autour de la galaxie Kettner.

Voyage en série

Terminus : Voyage en couleurs

Une semaine après « des fêtes qui n'auraient pas dû avoir lieu », c'est également la fin de notre voyage en série. Les parcours des personnages de ce voyage en couleurs sont semés d'embûches. Quand certains sont à la recherche d'un prince charmant, d'autres aimeraient jouer de la musique en Europe, poursuivre leurs exploits au catch ou être élue Reine de la nuit ! Pour chacun d'entre eux, atteindre ou ne pas atteindre ces rêves ne se fera pas sans efforts. Il faut parfois faire bifurquer le destin, s'opposer au poids des traditions et des volontés familiales, lutter contre le temps qui provoque le ralentissement du corps, lutter contre la souffrance elle-même. Chacun des héros rêve sa vie en couleurs alors que la fête est bientôt finie...

 

La Reine du chocolat se tient la tête haute

La Reine de Manuel Abramovich, 19'

C'est le carnaval en Argentine, plus précisément le concours de beauté du défilé. On aperçoit avec joie la jeune et jolie Memi savourer le moment où les regards se posent sur elle. Son sourire fascine, comme les couleurs et les paillettes qui la parent. Mais, derrière ces apparences, bien en amont des représentations, ce sourire va se figer jusqu'à devenir grimaçant pendant les préparatifs capillaires consistant à fixer sa lourde couronne de « Reine du chocolat ». De l'allure oui, mais à forte dose de pinces et d'antidouleurs. A onze ans ou plus, faut-il vraiment souffrir pour être belle ?

 

La Reine des Exoticos quitte la scène

Cassandro the exotico! de Marie Losier, 70'

La Lucha libre, l'art du catch dans sa version mexicaine, et plus particulièrement l'équipe chamarrée des Exoticos, ont sauvé Cassandro, l'ami de Marie Losier, magnifique athlète tout en muscles, couleurs et sourires. Toutefois, son corps en porte aujourd'hui les séquelles, brisé par des années de cascades époustouflantes. La magie de la scène, l'art chorégraphié des combats, l'entrainement physique, le lustre des accessoires et la brillance des costumes, Cassandro nous ouvre les tiroirs de ses plus beaux souvenirs mais également de ses plus grands tourments. Quelle sera la prochaine échappée pour le catcheur maintenant que son corps lui impose de ralentir la marche ?

 

Rêves de princesses portugaises

Bustarenga ! d'Ana Maria Gomes, 35'

A 36 ans, la documentariste et célibataire Ana Maria Gomes se lance dans une enquête sur l'amour véritable au sein de son village reculé de Bustarenga situé au cœur des terres rurales du Portugal. Elle demande conseil aux anciennes de sa famille qui essaient avec elle d'analyser si le célibat est une aubaine ou un mauvais sort. Elles lui apprennent alors comment séduire, avec quelles parures, attitudes et quelles couleurs... Alors ce prince, s'il existe, va-t-il mordre à l’hameçon ?

 

Kiki, Reine de la nuit

Mademoiselle Kiki et les Montparnos d'Amélie Harrault, 15'

Suivez le fil coloré de la vie fantasque de Kiki, muse et modèle des grands peintres pendant les années folles. Elle a côtoyé Modigliani, inspiré Man Ray, épaté Foujita et pourtant, « elle s'adresse à nous », la voix tremblante de nostalgie. Car elle nous parle d'une époque et d'une jeunesse révolues, celle de l'ambiance d'un quartier avec ses façades, ses bars, ses habitués... Voilà Paris qui semble renaître sous nos yeux.

 

Un conte de fées sans rois

Miniyamba de Luc Perez, 14'

Abdu a un rêve : quitter le Mali pour faire connaître sa musique en France. Coincé entre le désert marocain et l'île espagnole de Ceuta, il chante l'esprit de Miniyamba, grand boa protecteur. Mais le serpent ne pourra le protéger pendant tout son exil. «Miniyamba » désigne, en langage populaire celui qui est loin de son village et devient un inconnu sans famille et sans titre pour ceux qu'il rencontre. Loin de chez lui, Abdu, n'est plus rien. Derrière le conte universel, le monde contemporain. 

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