Les treize élèves d’un petit village auvergnat, âgé·es de trois à dix ans, sont regroupés dans une classe unique. Au fil des saisons, les apprentissages se succèdent avec plus ou moins de facilité, et la petite communauté s’entraîne à vivre ensemble sous l’autorité bienveillante du maître. Plus de vingt ans après sa sortie, Être et Avoir est devenu un classique du cinéma documentaire pour petit·es et grand·es.
Kristos, lui, est le dernier enfant parmi les trente habitant·es de l’île d’Arki, en Grèce. Cadet d’une lignée de bergers, le garçon achève sa scolarité à l’école primaire, seul avec son institutrice. À la prochaine rentrée, il devra intégrer le collège sur l’île de Patmos ; mais parviendra-t-il à quitter ses proches, ses chèvres, ses chiens, et à prendre le large ? Giulia Amati inscrit la vie de l’enfant dans son quotidien insulaire pour en révéler l’isolement comme la beauté solaire. La caméra, focalisée sur le visage mutique de Kristos, décèle les émotions qui y affleurent : nous sommes alors bouleversé·es de découvrir le rire et les larmes de ce petit garçon doux et vulnérable.
Avec Espace, autre classique documentaire, focus sur la récréation. En 2014, la fille de la réalisatrice Éléonor Gilbert explique à sa mère, schéma à l’appui, la division genrée de la cour. Il en ressort l’inégalité flagrante de l’occupation de l’espace, mais aussi les différences d’éducation qui poussent les filles à respecter les règles et les garçons à passer outre. La petite fille se révolte contre la situation, autant que contre l’incapacité des adultes à prendre conscience de cet enjeu urbanistique et éducatif majeur, désormais mieux pris en compte par les municipalités.
Au début de Mangrove School, les cinéastes Filipa César et Sónia Vaz Borges expliquent que pendant la lutte contre l’occupation portugaise, les écoles libres de Guinée Bissau devaient régulièrement changer de lieux pour éviter les bombardements. Elles se sont alors enfoncées dans la jungle. Dans la mangrove, l’héritage anticolonial se transmet désormais aux écolier·ères installé·es sur les branches. Refuge, outil, ressource, la mangrove est l’alliée de la résistance.
En Belgique, Rosie, Irakli, Sami et Nathan suivent une scolarité classique malgré leur handicap. Avec Inclusive, la réalisatrice Ellen Vermeulen nous immerge dans leur quotidien scolaire et familial. Elle montre les effets bénéfiques de l’inclusion en termes de socialisation et d’apprentissages, sans occulter la nécessité d’un matériel adapté et d’un accompagnement individualisé. Elle rappelle également que, dans cette vie qui se prétend ordinaire, les rendez-vous médicaux, la motricité, ou encore la gestion des émotions prennent une place extraordinaire.
« La scolarisation des élèves handicapé·es : quels défis pour l’école ? »
« Kristos, entre les rives de l’enfance et de l’adolescence »