Ahmad Shah est un tailleur afghan qui, après de multiples et très dures épreuves, a dû fuir son pays et sa famille pour s'exiler et se retrouver en France. Ahmad Shah a perdu une jambe. Le film suit ses péripéties, son histoire et surtout sa rencontre avec Gonzague qui va être sa chance et d'où va naître une belle amitié. Ce film est particulièrement marquant. Il est lumineux alors qu'il aurait pu être totalement noir, tragique et désespéré. Une énergie incroyable s'en dégage. Ahmad Shah est un battant, sa volonté pourrait déplacer les montagnes. L'homme sait tout faire de ses mains. Le parti pris du film est de raconter en partie cette histoire avec du papier découpé et du tissu, ce qui en fait un film d'une grande originalité formelle. Ces séquences, Ahmad Shah se les approprie. Elles comblent aussi le vide des images et adoucissent les moments sombres de cette histoire. On sort du film revigoré par cette leçon de vie, de courage et de solidarité qui nous fait croire encore en l'humanité. Jamais Ahmad Shah ne s'apitoie sur lui-même. Toujours, il va de l'avant et se relève. Un très beau film, de ceux qui font du bien.
Comment raconter l'horreur quand les mots manquent ou que les souvenirs sont trop douloureux ? Claire Glorieux répond par la poésie du travail manuel. Zou est une petite merveille de délicatesse où l'animation en papier découpé vient littéralement suturer les plaies du passé. En filmant les mains d'Ahmad Shah qui cousent et découpent sa propre histoire, la réalisatrice transforme le récit de l'exil en un acte de création et de réparation. Une amitié lumineuse qui prouve qu'on peut se reconstruire loin de chez soi. Le mélange entre documentaire sonore et animation de papier crée une distance pudique qui rend le récit d'Ahmad Shah à la fois supportable et profondément touchant.
Sous la forme d'un road movie intime, où l’exil devient une traversée autant géographique qu’intérieure, nous partageons les difficultés et la vie d’un couple uni par l’amour et soutenu grâce à l’amitié. À travers ce portrait intimiste, le film capte un homme combatif, fort et profondément attachant, dont la résilience s’ancre dans l’espoir offert à ses enfants. La solidarité de celui qui l’héberge éclaire le récit d’une humanité simple et essentielle, rendant possible une intégration fragile, mais réelle. Porté par une esthétique superbe faite de papiers découpés, pliages, collages, tissus et photographies, le film nous raconte l'exil, entre souvenirs, reconstruction et désir obstiné d’un avenir meilleur. Bouleversant.
La construction de ce film est très intéressante car l'histoire est majoritairement racontée avec du tissu et du papier : des dessins, des maquettes... Zou commence justement avec une photographie sur laquelle on peut voir Ahmad Shah et Gonzague. Ils marchent ensemble sur une colline. Mais la particularité de ce plan est que quelqu'un plie l'image. Cela nous donne l'impression que les deux hommes, qui marchent ensemble, s'éloignent petit à petit. Le son s'éloigne aussi, ce qui renforce notre capacité à imaginer la scène. C'est une façon particulière de raconter l'histoire, mais c'est très bien trouvé et ça fait le charme du documentaire.
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