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Kristos, le dernier enfant vu par les bibliothécaires

Prix 2026 - Kristos vu par les bibliothécaires
Dans toute la France, des bibliothécaires font vivre le Prix du public Les yeux doc au sein de leur établissement. Nora, Philippe, Fabienne, Isabelle, Lucie et Naïla partagent leur regard sur Kristos, le dernier enfant, de Giulia Amati (2022), l’un des trois films en compétition en 2026.
Nora Tazit et Philippe Breysse, Bibliothèque du Merlan, réseau des bibliothèques de Marseille (13)

Kristos est le dernier enfant de l'Ile d'Arki (Dodécanèse, Grèce), peuplée d'une trentaine d'habitant·es. On suit tout au long du film le dilemme de Kristos, qui termine ses années de primaire et s'apprête à entrer au collège, donc à quitter l'île de son enfance. Le film est intéressant à plusieurs niveaux, en premier lieu son aspect documentaire quand, au hasard de quelques scènes, il capte certains gestes ou activités des pêcheurs et des bergers ; ou encore le rapport unique de Kristos avec son institutrice, presque une seconde mère pour lui, qui veut que Kristos quitte l'île car elle sait que c'est sa chance d'avoir un avenir autre que celui des ses frères, tous bergers. Mais Kristos aime sa famille et sa vie de berger. L'émotion se dégage du film et surgit sans qu'on s'y attende car elle n'est pas recherchée, ce qui la rend d'autant plus forte et belle. Il y a beaucoup de pudeur dans ce monde qui ne dit pas ses sentiments. Les images superbes rendent compte de la beauté de l'île. Le rythme est posé, sans précipitation.

Fabienne Moineaux, Médiathèque départementale de Meurthe-et-Moselle, Laxou (54)

De Kristos, le dernier enfant de l'ïle d'Arki dans le Dodécanèse, on retient le visage grave et silencieux, et surtout le regard tour à tour interrogateur, désemparé, inquiet, et enfin souriant, presque confiant. La caméra le filme de très près, en portrait, ou de dos, quand l'émotion du départ est à son comble et que les larmes finissent par baigner son visage. Au milieu des collines et des chèvres, au sein d'une communauté âgée, au quotidien rythmé par les saisons et les habitudes ancestrales, il cherche sa voie, guidé par son institutrice qui le pousse à l'émancipation. Car l'île d'Arki, pour un enfant qui a toute la vie devant lui, est-elle un espace de liberté ou une prison, dont l'horizon est bouché malgré l'omniprésence de la mer et du ciel ?  

Isabelle Louis, Médiathèque départementale du Var, Draguignan (83)

C’est une chronique douce-amère sur la fin d’un monde et la fin de l’enfance. Giulia Amati ne filme pas seulement un garçon qui doit quitter son île, elle capture le déchirement universel de devoir grandir. La beauté solaire d'Arki contraste avec la mélancolie du départ inéluctable. C'est un film qui prend le temps de regarder, où les silences de Kristos en disent plus long que n'importe quel discours sur l'exode rural. Le film saisit avec finesse cette angoisse collective, où chaque adulte semble chercher dans les yeux de l'enfant une promesse de retour, tout en sachant que le départ est le signal définitif de leur solitude à venir. La photographie sublime des paysages grecs et l'émotion brute qui se dégage de ce portrait d'enfant, tiraillé entre ses racines et son avenir, sont deux raisons de voir ce film.

Lucie Sauldubois, bibliothèque La Ponatière, Échirolles (38)

Un magnifique documentaire sur la Grèce, l’arrivée de l’adolescence, la découverte du monde, la peur de partir de son cocon familial. Le petit Kristos est très attachant et nous prenons plaisir à le suivre tout au long de ces 88 minutes. Pas un seul moment d’ennui. Par sa simplicité, le documentaire nous fait réfléchir à diverses questions de société. Kristos est un élève studieux et naturellement doué. Bien qu’attaché à sa famille et à sa terre natale, il rêve de nouveauté et de partage avec d’autres enfants de son âge. Mon passage préféré a été sans hésitation la remise de diplôme avec sa maîtresse d’école. On peut ressentir l’émotion des deux individus, se quittant après des années d’enseignement. Je le recommande mille fois.

Naïla Le Coq, stagiaire, Bibliothèque publique d’information, Paris (75)

Plusieurs scènes de ce film ont retenu mon attention, tel que le moment où Kristos entend le beau discours de son institutrice, dans lequel elle dit à quel point elle est fière de lui. Ce dernier pleure, nous laissant le découvrir un peu plus. Tout au long du film, on ne sait pas vraiment ce que Kristos ressent. Il est très seul, n'a pas d'ami et donc personne avec qui partager ses ressentis ou bien raconter ses histoires. On en sait donc très peu sur ses émotions. Dans cette scène, le garçon nous montre qu'il ressent beaucoup plus qu'on ne le pense. Mais je me pose une question : ses larmes, était-ce plutôt de la joie ou bien une vraie souffrance ? Je pense que c'était un peu des deux. Il était sûrement heureux de ce qu’il lui arrivait : il avait l'occasion d'avoir une éducation, il avait aussi l'opportunité de se faire des ami·es et d'enfin parler à des gens de son âge. Mais cela voulait dire qu'il se dirigeait vers des terrains inconnus. Je pense que cela lui faisait peur. De plus, le fait de quitter sa famille, son quotidien, son île, devait le rendre nostalgique et triste. Sans parler du fait qu'un aussi grand choix se présente à lui. Un choix qui sera décisif pour le reste de sa vie, un choix qu'un enfant n'est pas censé faire si tôt.

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