les yeux d'oc

L'Afghanistan, un pays pris dans la tourmente

J'ai pas tué Saddam
L’Afghanistan est une contrée mythique. Pour Joseph Kessel, c’était le plus beau pays du monde. Il y situa son dernier roman, publié en 1967, Les Cavaliers. Le pays est aujourd’hui à nouveau dirigé par les talibans qui ont rétabli en août 2021 l'Émirat islamique d'Afghanistan.

Voici quatre films évoquant ce pays pris dans la tourmente des guerres depuis 1978. On y voit sa population, à l’éducation traditionnelle et religieuse, confrontée à des décennies de violence.

Les deux premières œuvres, J'ai pas tué Saddam ! (2005) et L'Empreinte (2007), sont de Guillaume Bordier, cinéaste indépendant qui s’autoproduit. Son modèle économique léger lui assure une grande indépendance. Filmant souvent en intérieur, il obtient un bon rendu avec une petite caméra. Guillaume Bordier a réalisé ces deux films suite à un voyage de huit mois en Afghanistan avec un ami. Il attache beaucoup d’importance à la rencontre et à l’empathie.

J'ai pas tué Saddam !, de Guillaume Bordier

J'ai pas tué Saddam! décrit une étape dans une auberge de montagne, dans la région du Hazaradjat, ayant pour capitale traditionnelle Bamiyan, au centre du pays, avec ses sommets à 2800 mètres. C’est l’occasion pour le réalisateur de croiser voyageurs, commerçants, soldats, paysans ou trafiquants d’héroïne qui semblent attendre que l’hiver passe.

L'Empreinte, de Guillaume Bordier

L'Empreinte montre une dizaine de travailleurs et leurs gestes répétitifs dans une boulangerie d’Hérat, à l’ouest du pays, vers la frontière iranienne. Dans ce grand ballet mécanique, la présence de la caméra va susciter leur curiosité et leurs réflexions sur le monde extérieur. Le film avait reçu le prix des jeunes au festival international Cinéma du réel en 2008.

Mon cœur voit la vie en noir - un amour à Kaboul, d’Helga Reidemeister

Helga Reidemeister est une documentariste allemande née en 1940 à Halle, dans le Land de Saxe-Anhalt. Elle a réalisé de nombreux films depuis 1971 sur les femmes, le social la politique. Souvent récompensée dans les festivals, elle a, par exemple, reçu le Prix de Cinéma du réel en 2001 pour Gotteszell - Quartier des femmes, un film sur une prison de femmes dans la région de Stuttgart. Dans Mon cœur voit la vie en noir, la cinéaste fait le portrait de Hossein et Shaima qui s'aiment depuis l'enfance. La guerre les a séparés alors qu'ils étaient adolescents. Ils se retrouvent dans le Kaboul des années 1990, et se battent contre tout et tous pour leur amour. Ce film nous permet de voir enfin un personnage féminin.

Jaurès, de Vincent Dieutre

Vincent Dieutre, cinéaste français né en 1960 à Rouen, enseigne le cinéma à l'université de Paris VIII et à la Fémis. Son film est intitulé Jaurès (2012), car il se passe vers la station de métro du même nom dans le dix-neuvième arrondissement de Paris. Il filme un campement de réfugiés afghans le long du canal Saint-Martin, vers la salle de concert Le Point-Ephémère, depuis une fenêtre de l’appartement de son ami Simon. Dieutre, en conversation avec Eva Truffaut, fille du cinéaste, entremêle journal intime et regard documentaire.

Ces quatre films nous font rencontrer les habitants d’un pays chaleureux, ce que rapporte la plupart des voyageurs l’ayant traversé, quand cela était possible.