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Je m_appelle Kahentiiosta 16-9 fond noir © ONF

Je m'appelle Kahentiiosta

En 1990 au Québec, Kahentiiosta participe à un mouvement de résistance contre un projet immobilier empiétant sur un territoire occupé par une communauté autochtone. La cinéaste Alanis Obomsawin suit la jeune femme des barricades au tribunal, et recueille son témoignage. Il en ressort un contre-récit puissant au dénigrement médiatique des contestataires, et une démonstration sensible de l’oppression subie par les Premières Nations du Canada.

En 1990, le maire d’Oka accorde un permis immobilier pour agrandir un terrain de golf et construire une résidence de luxe. Mais le projet empiète sur un bois, situé sur l’enclave de Kanehsatake où vit la communauté kanyen'kehá:ka (ou Mohawk). La population autochtone entame alors une résistance de plus de deux mois…

De sa voix douce, Kahentiiosta se présente : mère de deux jeunes enfants, membre de la communauté Mohawk. Une communauté déplacée et malmenée par l’urbanisation, un peuple de pêcheur·ses sans accès à l’eau, à qui on voudrait enlever la Pinède, son espace sacré. Kahentiiosta se joint alors au mouvement de résistance en occupant les lieux. Je m’appelle Kahentiiosta opère un va-et-vient entre ce récit à légère distance, qui entremêle faits et sentiments, et des images prises derrière les barricades, puis lors de la détention et du jugement de la jeune femme. Kahentiiosta restera plus longtemps que les autres derrière les barreaux, pour avoir refusé de donner au juge un autre état civil que son nom autochtone.

Je m’appelle Kahentiiosta est un précieux témoignage à propos de la « Crise d’Oka », événement marquant de l’histoire canadienne. Le film se pose en contre-récit. Alors que la confrontation s’est soldée par la mort d’un policier, de nombreux médias ont occulté les violences envers les insurgé·es. En démontrant la légitimité de leurs revendications, l’absurdité du système judiciaire et l’inégalité des forces en présence, Alanis Obomsawin souligne l’oppression réelle et symbolique subie au quotidien par les populations autochtones canadiennes.

De ce mouvement de résistance, la réalisatrice tire trois autres documentaires : Kanehsatake 270 ans de résistance, Spudwrench : l’homme de Kahnawake, et Pluie de pierres à Whiskey Trench. Artiste abénakise, entrée à l’Office national du film du Canada en 1967 et réalisatrice de plus de cinquante films, Alanis Obomsawin a consacré sa vie à la défense des populations autochtones du Canada.

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Disponible jusqu'au 19/04/2029.

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