les yeux d'oc

Chronique de la terre volée © Tell Me Films, Pays des miroirs

Chronique de la terre volée

À Caracas, les habitants des bidonvilles peuvent obtenir la propriété de la terre en échange de l’histoire de leur vie dans le quartier. Un décret de Chavez a enclenché l’écriture des "Cartas del barrio", révélant l‘histoire de tout un pan de la capitale. Sur une colline en banlieue de Caracas, deux ans après l’arrivée du successeur d’Hugo Chavez, Nicolas Maduro, à la présidence du Venezuela, les habitants d’un "barrio" (quartier pauvre de la capitale) doivent s’organiser pour obtenir les terres sur lesquelles ils sont installés. Elles sont la possession d'une entreprise privée mais le gouvernement actuel, appliquant la politique de Chavez, pratique la redistribution des terres urbaines. Il y a urgence, la crise du Venezuela se pressent, il faut obtenir les terres avant que le gouvernement ne vacille. Les habitants doivent monter un dossier et raconter l’histoire du quartier. S’écrivent alors les lettres du "barrio", dont les témoignages racontent les origines, les valeurs, les conditions de vie des hommes et des femmes du quartier. Ensemble ils appliquent les grandes idées de la révolution bolivarienne, l'héritage de Chavez, pour lequel ils se sont tant dévoués, et pratiquent l’autogestion et la démocratie participative. Mais entre les départs dans les pays voisins pour trouver fortune et le manque des besoins de première nécessité qui assèchent le collectif, en bas, les échos de la crise montante se font entendre, faisant naître des comportements plus individuels. Sur l'autre versant de la lutte, le chemin est solitaire et l’issue de la bataille est entre les mains de deux femmes qui se démènent avec la paperasse, affrontant seules la bureaucratie et l'urgence au nom du collectif. Le film prend alors la voie d’un beau portrait de lutte, témoignant toujours de l’héritage et de la force collective d’une colline révolutionnaire. (Extrait du catalogue Cinéma du réel 2020)

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