Merci d’être venu, présenté à la Quinzaine des cinéastes en 2026, est le dernier épisode du journal filmé d’Alain Cavalier. Dans les années 1990, le cinéaste profite des caméras numériques légères pour filmer au quotidien. Avec Le Filmeur (2004), il créé un genre qui révolutionne le cinéma d’auteur et tend à l’épure minimaliste, qu’elle soit technique (image vidéo affranchie des conditions industrielles) ou thématique (la vie ordinaire et l’attention aux détails : manger un fruit, regarder ses mains). Le « cinéma-je » inventé par Alain Cavalier convoque l'extraordinaire de l'infraordinaire.
Le programme de courts métrages Cavalier Express donnait à vivre dix ans plus tôt un voyage passionnant à travers huit films du cinéaste tournés entre les années 1980 et 2010. On y découvrait, entre autres, la préparation du film Thérèse (1986), des portraits de métiers en voie de disparition, comme La Rémouleuse, ou la relation du filmeur au visage de Catherine Deneuve. Avec ses films courts, Cavalier nous livre ses réflexions philosophiques sur le temps et son rapport à la disparition.
Depuis son entrée en fac de cinéma à Paris 8, Laïs Decaster a pris l'habitude de filmer son groupe de copines, toutes originaires d’Argenteuil, en banlieue parisienne. J’suis pas malheureuse est son premier film. Immersif, rafraîchissant et solaire, il explore les liens profonds de l’amitié féminine et remporte le Prix Première Fenêtre à Cinéma du Réel.
Après Car Wash (2024), Prix Jean Vigo et nommé aux César 2026, Laïs Decaster poursuit un travail sur le temps long et son auscultation de la condition féminine. Avec Love Story, présenté à la Semaine de la critique en 2026, elle capte les épisodes d’une relation amoureuse bancale, celle de son amie Alyssa, déjà croisée dans son premier film, avec un jeune homme. Les copines s’en mêlent.
Congo Boy, en compétition Un Certain Regard en 2026, raconte les épreuves d'Albert, un jeune d’origine congolaise, qui rêve d’une carrière musicale à Bangui, mais se retrouve à la rue. Face aux malheurs, il doit organiser la survie de ses petits frères.
Avec Nous, étudiants !, Rafiki Fariala racontait déjà la détermination et l’art de la débrouille de plusieurs jeunes hommes en quête d’un avenir meilleur en République centrafricaine. Nestor, Aaron, Benjamin et Rafiki (lui-même) sont étudiants en économie à l’université de Bangui ; ils peinent à décrocher leur diplôme à cause des classes surpeuplées, des problèmes financiers et de la corruption des enseignant·es. Le film obtient le Prix des Bibliothèques à Cinéma du réel en 2022.
Le dernier film de Jean-Gabriel Périot, Une vie manifeste, présenté à Cannes Classic en 2026, retrace le destin de Michèle Firk. Critique de cinéma, dont huit ans au sein de la revue Positif, elle fut aussi aspirante réalisatrice et militante révolutionnaire. Cette penseuse n’a eu de cesse de défendre la justice et la liberté, de la Seconde Guerre mondiale à la Guerre d’Algérie, des bancs de l’IDHEC aux guérillas des FAR du Guatemala, en passant par le Cuba des années Castro-Guevara.
Face à ce film, Une jeunesse allemande, sélectionné au Panorama de la Berlinale 2015, aborde le sujet révolutionnaire avec un montage d’archives sur la Fraction Armée Rouge, groupe d’extrême-gauche auteur d’attentats dans l’Allemagne de l’Ouest des années 1970. Un nom que n’utilisera jamais la presse, qui les surnommera « la Bande à Baader ».
D’autres films de Jean-Gabriel Périot sont à voir sur Les yeux doc.