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Pauline Julien intime et politique 16-9 © ONF

Pauline Julien, intime et politique

Pauline Julien est une figure méconnue de la chanson francophone. Égérie passionnée à Paris puis dans son pays au Québec, la chanteuse et amie des poètes de son temps s’engage résolument à partir des années 60 pour la souveraineté du Québec.

« Quand je chante, je deviens chanson », la comédienne québécoise interprète ses chansons comme on incarne des personnages, avec flamboyance. Sur les planches des « boîtes à chansons » et des cabarets du tout Paris des années 50, elle performe de tout son corps et donne sans compter, partageant pour la première fois en France les textes du poète québécois Gilles Vigneault. De retour au Canada, Pauline Julien chante désormais pour « la libération du Québec ». Dans les années soixante, les esprits s’échauffent dans la province québécoise autour des revendications d’autonomie politique et linguistique. En 1964, la chanteuse refuse de chanter lors de la visite d’État de la Reine du Royaume-Uni. Plus tard, au moment où Pierre Vallières et Charles Gagnon, les dirigeants du Front de libération du Québec, sont emprisonnés, elle participe à des concerts de soutien, avec son jeune protégé Robert Charlebois, et devient alors l’une des figures de la résistance culturelle québécoise. Malgré son arrestation à la suite de l’état de siège décrété par Ottawa en 1970, Pauline Julien rêve tout fort de l’indépendance du Québec. Mais ses espoirs, et ceux de plus d’un million de Québécois, se fracassent soudainement en 1980, quand le non l’emporte au référendum portant sur le projet de souveraineté du Québec.

Pascale Ferland convoque un réseau étendu d’archives fortes et émouvantes. Les documents de la Société Radio-Canada et de l’Office national du film du Canada prennent vie et nous immergent instantanément dans cette traversée de l’histoire du Québec. Scénariste, productrice mais aussi fondatrice des Films du 3 mars, Pascale Ferland réalise plus que le portrait d’une chanteuse éprise de liberté. Elle tisse un dialogue vivant entre Pauline la poétesse et Julien l’activiste, qui, comme l’écrivait le poète et essayiste Gérald Gaudet, ressemble à « un petit arbre dur, entêté, noueux et fragile ».

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Disponible jusqu'au 19/04/2029.

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