Sauve qui peut
Alors que les médecins se raréfient et que les hôpitaux publics sont en permanence sous tension, notre relation avec le personnel soignant a tendance à se paupériser. Afin d’y remédier, des soignant·es organisent des jeux de rôles pour se préparer, le moment venu, à dire mieux pour faire mieux.
Qu’il s’agisse de l’hôpital ou de la médecine libérale, la santé est en crise. Les progrès techniques ont paradoxalement favorisé l'appauvrissement de la relation médecin-patient. Il est urgent de la revaloriser en formant toutes les professions médicales. L’anamnèse, ou l’art d’explorer avec le patient son vécu et ses antécédents médicaux pour mieux le soigner, doit permettre de restaurer la relation thérapeutique. Depuis la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé, le patient ne reçoit plus seulement des soins de manière passive, il est censé être un acteur de sa propre santé.
Sauve qui peut s’attache à montrer des procédures discursives et des mises en situation, dans lesquelles de jeunes médecins simulent leur rencontre avec les patient·es. Interprétés par des acteur·rices, les faux·sse patient·es adressent aux vrai·es praticien·nes des questions et des angoisses bien réelles. La dernière partie du film se consacre à un atelier collectif réunissant professionnel·les en anesthésie et en réanimation. La parole et les émotions longtemps réprimées par les cadences de travail et les procédures hospitalières contraignantes, finissent par jaillir sous nos yeux.
Après le mémorable Sans frapper, Alexe Poukine approfondit son théâtre sensible de la parole, dans un dispositif où le simulacre se confronte au réel. Que ce soit avec les ostéopathes ou les internes, les doutes et les hésitations se délient et se dénouent. Par-delà les stricts protocoles de soin d’un métier en blouse blanche, des femmes et des hommes, avec une singularité et une conviction admirable, s’engagent pour nous soigner.