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J'me marie, j'me marie pas couleur © ONF

J'me marie, j'me marie pas

Mireille Dansereau s'entretient longuement avec quatre jeunes femmes pour interroger leur relation complexe aux hommes, au couple et au mariage, à la maternité et à leur propre féminité.

En 1972, Mireille Dansereau signe La Vie rêvée, premier long métrage commercial de fiction réalisé par une femme au Québec dans lequel deux femmes désirent se libérer de l'emprise masculine. L’année suivante, avec J'me marie, j'me marie pas, la cinéaste prolonge ses questionnements sur la liberté des femmes en adoptant la forme documentaire.

Le mariage sert de point de départ à une réflexion plus large sur le couple, la maternité et l'autonomie des femmes portée par quatre amies de la cinéaste. Francine Larrivée, plasticienne, tout juste séparée de Paul, revendique la liberté de construire sa vie hors des attentes sociales ; Linda Gaboriau, journaliste, affirme la nécessité de l'indépendance financière pour s’affranchir de la tutelle des hommes, quitte à élever seule un enfant ; Jocelyne Lepage, traductrice, défend, après une maternité non idéalisée, un partage des rôles équilibré et elle a pris « la responsabilité financière des affaires » ; enfin, Tanya Mackay voit dans le mariage une sécurité pour les femmes malgré les renoncements qu'il implique.

Mireille Dansereau construit un dispositif d'écoute dans un univers domestique propice à l’éclosion d’une parole libre, mis en scène sous la forme d’un dialogue amical plus philosophique que politique. Les sensibilités exprimées forment un large répertoire d’expériences et de positions par rapport au mariage, qui demeurent toujours actuelles. La présence furtive des compagnons de Jocelyne Lepage et de Tanya Mackay, ainsi que de leurs enfants, permet aussi d’appréhender leur quotidien.

Le film s’inscrit dans les questionnements portés par la seconde vague féministe et dans le réformisme de la Révolution tranquille, nom donné à la période de modernisation du Québec dans les années 1960. Le travail de Dansereau fait écho en France aux productions de Carole Roussopoulos - Genet parle d'Angela Davis (1970), Y a qu'à pas baiser (1971) - l’une des membres des Insoumuses, mouvement cinématographique féministe fondé en 1974, avec Delphine Seyrig, Ioana Wieder et Nadja Ringart.

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Disponible jusqu'au 19/04/2029.

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