les yeux d'oc

En travail © La Fémis

En travail

En travail témoigne de la pratique quotidienne des jeunes sages-femmes et internes en obstétrique de l'hôpital André Grégoire de Montreuil (Seine-Saint-Denis).

Ce film d’école est avant tout un projet personnel, comme l’explique la réalisatrice, Anne-Sophie Bailly : «La première fois que ma jeune soeur m'a raconté qu'elle avait fait une césarienne, je suis restée saisie. Qu'une aussi jeune femme puisse faire accoucher, de cette façon, alors qu'elle n'avait pas encore d'enfant, me paraissait incroyable. C'est de cette image qu'est venu mon désir de filmer les soignantes. Je n'ai été entourée que de femmes soignantes depuis mon plus jeune âge, au premier rang desquelles ma mère infirmière. J'ai grandi avec les hôpitaux qui sont des lieux que j'ai toujours trouvés puissamment cinématographiques. J'avais envie de raconter ce rapport au corps des autres, qui est aussi un rapport au sien propre.»

Le film se concentre d’entrée de jeu sur son sujet et, sans temps mort, nous propulse dans cet environnement très particulier de l’hôpital public. Des jeunes soignantes sont confrontées à des parcours de vie hétérogènes, à des femmes qui sont en attente de donner la vie sans savoir ce que cette vie leur réserve, à elles et à leur descendance. Dans ce contexte où tout peut arriver, le meilleur comme le pire, la confrontation avec l’intime et la fragilité la plus extrême de l’être humain sont de nature à marquer fortement l’esprit des médecins et infirmières, seuls remparts humains face à la détresse, aux difficultés, à l’inquiétude des futures mères qui ne sont plus maitresses de leur corps mais vont l’ouvrir à d’autres. Ainsi, celles qui se considèrent avant tout comme des techniciennes de l’accouchement, découvrent à leur corps défendant tout l’investissement psychologique et émotionnel que leur métier implique. Si, comme l'affirme une sage-femme, une nuit en salle de naissance «c’est la guerre», alors cette guerre mérite d’être menée avec un objectif vertueux, d’un côté comme de l’autre : prendre soin de nous.