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Prix du public 2027 : les six films présélectionnés

Prix du public 2027 - preselection
Pour préparer sa 7e édition, le Prix du public Les yeux doc soumet aux bibliothécaires six films qui explorent des communautés familiales, amicales, sociales et politiques, qu’elles soient vertueuses ou délétères pour celles et ceux qui les composent. Leurs trois films préférés seront valorisés et diffusés du 6 au 27 mars 2027 dans les bibliothèques participantes, et le public pourra voter pour son favori !
Bon voisinage : Eredità

Jean Luc est le voisin de Muguette. Il habite dans l’appartement où vivait le père de cette dernière, et ressent sa présence… Cette invocation spirituelle lui permet de nouer une relation d’amitié avec la vieille dame et de brosser son portrait. Esprit fantasque et clairvoyant, accumulatrice compulsive, Muguette décline doucement sous le regard affectueux et avec le soutien de son voisin. Leurs échanges drôles, directs et intimes construisent un film sensible et doux, qui traverse les questions de l’héritage, du lien, de la vieillesse et du deuil.

Liens virtuels : Knit's Island, l'île sans fin

963 heures : c’est le temps passé par les cinéastes dans le jeu de rôles en ligne DayZ, vaste monde post-apocalyptique ouvert, où la seule règle est de survivre. Entre exploration des possibilités visuelles offertes par le jeu, et rencontres virtuelles avec des communautés de joueur·ses plus ou moins pacifiques, la déambulation prend l’allure d’une méditation métaphysique. Au fil d’une traversée apaisante et, simultanément, vertigineuse, Knit’s Island aborde notre besoin viscéral d'imaginaire et de sociabilité, les limites et les porosités entre jeu et réalité, la beauté et les aberrations de ce monde si proche du nôtre.

Mauvaise éducation : Les Oubliés de la Belle Étoile

André, Michel et Daniel se réunissent près de Mercury, en Savoie, où ils ont été placés dans les années soixante au centre catholique de redressement de la Belle Étoile. Petit à petit, leurs échanges font émerger les violences qu’ils y ont subies et les traces qu’elles ont laissées. Avec d’autres, ils se confient à la cellule d’écoute du diocèse, espérant réparation. La cinéaste Clémence Davigo recueille patiemment la parole et les silences. Les témoignages sont délivrés dans le cadre de discussions entre les protagonistes, offrant l’écoute et le soutien nécessaire pour briser l’isolement et atténuer la douleur.

Faire famille : Maman déchire

Alors qu’elle est elle-même devenue maman, Émilie Brisavoine cherche à percer le mystère que constitue, à ses yeux, sa propre mère. Son attitude de grand-mère aimante contraste en effet avec les souvenirs douloureux de la cinéaste. C’est le début d’une introspection familiale fantaisiste et poignante, qui brosse le portrait d’un personnage exubérant, fantasque, maltraitant, et rongé par ses propres démons. Émilie Brisavoine cherche à briser le cycle des souffrances familiales grâce au film, interrogeant la limite du pacte de confiance conclu avec les protagonistes, ainsi que la place des spectateur·rices dans cette psychanalyse intime.

Relations de soin : Sauve qui peut

À l’hôpital, soigner passe avant tout par les gestes techniques et la médication, au détriment de la relation aux patient·es. Alexe Poukine filme des jeux de rôles destinées à enseigner aux étudiant·es la juste attitude envers les malades, mais aussi à objectiver ce que le métier fait à celles et ceux qui le pratiquent. L’enchaînement des mises en situation interroge le sens des missions hospitalières, la place accordée aux patient·es par les soignant·es et l’institution, ainsi que la souffrance au travail des professionnel·les, et explore des leviers d’actions individuels et collectifs. Le simulacre filmé bouscule d’un même élan les limites du vrai et du faux en situation documentaire.

Fraternité citoyenne : Un village en résistance (Un paese di resistenza)

Pendant vingt ans, grâce à la coordination du maire Domenico Lucano et à l’implication des habitant·es, le petit village italien de Riace accueille des personnes migrantes. Des maisons vides sont occupées, les commerces revivent, une crèche est ouverte… Mais un jour, le maire est arrêté et les exilé·es déplacé·es en centre de rétention. C’est le début d’un long feuilleton judiciaire. Sous des dehors de faux reportage non dénué d’humour, Shu Aiello et Catherine Catella dénoncent l’instrumentalisation politique de la justice, démontrent la puissance du collectif et réalisent un émouvant plaidoyer pour le vivre-ensemble.

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Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 15 octobre inclus.
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