les yeux d'oc

Laissez brûler

Laissez brûler

Diz a ela que me viu chorar

L’Hôtel Parque Dom Pedro, au centre de São Paulo (Brésil), héberge des centaines de personnes venant de la rue, souvent atteintes par des problèmes de drogues, issues des communautés les plus défavorisées du pays. Si un passé douloureux se glisse dans les conversations et charge les gestuelles et les regards de ses habitants, c’est tout autre chose qui se joue dans ce lieu. En délaissant la violence qui imprègne le moindre recoin, c’est la tendresse qui guide la cinéaste et fait vriller ceux qu’elle rencontre. D’une chambre à l’autre, les couples se font, se défont et s’arrachent. Dans un huis clos parfois éprouvant, la caméra de Maíra Bühler circule entre les chambres et se saisit d’une intimité offerte par les portes entrouvertes ou planquée dans les cages d’escaliers. La fragilité qui s’exprime est celle de la dépendance des uns aux autres. Ce qui ravage, c’est la peur de la solitude et les amours tumultueuses. Le bâtiment accueille un trafic d’émotions épileptiques. Sur le toit, loin de la rue qui les a fait morfler, peuvent, éloignés de ses vices, chanter en choeur ceux qui la surplombent. Plus bas, complètement possédé, un homme hurle son amour brûlant à une femme lors d’un appel téléphonique hallucinant. Dans la chambre d’à côté, un autre entonne un chant d’amour. Plus loin encore, une femme attend, seule dans un dortoir déserté, que celle qu’elle aime revienne. Le film réveille des liens et révèle un groupe rattaché à un abri fragile où les sentiments se tiennent chaud. (Extrait du catalogue Cinéma du réel 2019)

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