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    Les yeux doc est la plateforme numérique du Catalogue national de la Bibliothèque publique d'information. Elle présente une sélection de films documentaires français et internationaux, constamment actualisée et éditorialisée. Elle est diffusée dans les bibliothèques françaises, auprès des usagers de ces bibliothèques, pour des consultations sur place ou à domicile.

7 jours, un film

Le Pont des fleurs

Thomas Ciulei, 2008, 87 min

«J'ai l'impression de leur voler leur jeunesse. Ils n'ont pas de temps pour jouer.» Dans cette ferme, comme dans beaucoup d'autres en Moldavie, la femme est partie travailler à l'étranger, pour combler les dettes, payer les études des enfants et réparer la maison, laissant le père seul avec les enfants. Mais «Le Pont des fleurs» est plus qu'une chronique de la vie en autarcie de cet homme, au jour le jour, il est aussi un film pédagogique. Pas une de ses actions que le père n'explique à ses enfants, pas un ordre dont il ne donne les raisons. La mère se rappelle à sa famille de multiples façons : par l'arrivée d'un colis, par la brièveté d'une communication téléphonique, par la durée même du film étalé sur plusieurs saisons. Parfois, Costica Ahrir parle seul devant la caméra, tirant le bilan des actifs et des passifs de la journée. Le film change alors de statut et nous donne la clé: si, pour le réalisateur, il est initialement une description émouvante de la dégradation de la situation des paysans en Moldavie, pour Costica, c'est le moyen le plus astucieux d'écrire à sa femme et de lui donner des nouvelles des siens. Le film s'inverse alors: vu par la mère, il est tout ce qui lui manque.

Thématique

Paysans - Passé, présent, futur

Regards de réalisateurs sur le monde paysan

En cette période où les média résonnent, en France, des échos du salon international de l’agriculture, six films nous invitent à un regard élargi sur la ruralité. 

Crise, innovation, possession de la terre, transmission de savoir- faire ou encore vécu d’une autre réalité : ces questions traversent  les communautés paysannes quel que soit l’endroit du monde où elles vivent.

 

Le Lait sur le feu, de Raphaël Girardot et Vincent Gaullier, tourné dans une ferme des Côtes d’Armor, filme les conséquences de l’industrialisation de l’élevage, dont les pratiques ont entrainé l’abattage de troupeaux entiers pour éradiquer l’ESB (maladie de la vache folle). A l’opposé, le film de Jean-Louis Cros, Les Dé-tracteurs  donne la parole à des ruraux  du Tarn qui prônent au contraire l’autonomie, l’autosuffisance et la liberté, préfèrent l’attelage de chevaux ou de bœufs à l’usage du tracteur pour les travaux des champs.

 

Dans une étude notariale de Haute-Auvergne, la caméra de Marc-Antoine Roudil et Sophie Bruneau observe les agriculteurs venus traiter leurs affaires. Dans Pardevant notaire, les enjeux sont âpres : la terre, l’argent, la possession, l’héritage.

 

Retour à la terre du cinéaste portugais João Pedro Plácido, tourné dans le nord du Portugal, et Je suis le peuple d’Anna Roussillon, filmé dans la vallée de Louxor en Égypte, rendent compte d’une autre réalité, d’un autre rythme, celui de la nature, où les paysans, loin de l’agitation des centres urbains, vivent au sein de leur communauté et commentent la lointaine rumeur du monde. Ainsi, Daniel, jeune berger portugais de 21 ans et ses proches critiquent durement les politiques et leurs discours. Farraj, paysan égyptien, à 700 kilomètres du Caire, va vivre intensément les manifestations et le soulèvement du peuple, par l’intermédiaire de la télévision.

 

La Quadrature du cercle, film du trio Laurent Cibien, Alain Guillon et Philippe Worms, se déroule au Mali, dans la région du Cercle de Yélimané. Rien ne devrait être immuable, surtout pas la pauvreté d’une région aride entrainant l’exil de ses jeunes. L’objectif  d’un groupe d’expert vietnamiens, venu dans ce village africain, est d’initier les paysans soninkés à la culture du riz et à la maîtrise de l’eau.

 

Où réside le futur de l’agriculture ? Peut-être dans un rêve un peu fou comme l’évoque La Quadrature du cercle, un exemple d’alliance  des savoir-faire  entre des pays si différents ? Peut-être réside-t-il aussi dans la transmission entre générations comme le souligne Jean-Pierre dans Les Dé-tracteurs, et dans la solidarité comme le montre Retour à la terre, où trois générations d’une famille font corps devant la dureté du milieu.

 

Ce qui est évident aujourd’hui, c’est que  de la relation du paysan, de l’agriculteur, à la terre, à l’élevage, découle aussi notre bien-être à tous, ou son contraire.

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