les yeux d'oc

  • Aisheen (Still alive in Gaza), Nicolas Wadimoff

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    Les yeux doc est la plateforme numérique du Catalogue national de la Bibliothèque publique d'information. Elle présente une sélection de films documentaires français et internationaux, constamment actualisée et éditorialisée. Elle est diffusée dans les bibliothèques françaises, auprès des usagers de ces bibliothèques, pour des consultations sur place ou à domicile.

7 jours, un film

Mais où est Leonor ?

Giampaolo Penco, 2009, 33 min

Voyage sur les traces de Leonor Fini, peintre née en 1907 à Buenos Aires d’un père argentin très tôt disparu et d’une mère italienne. Elle passe son enfance et son adolescence dans un milieu cultivé à Trieste où elle commence à peindre en autodidacte et y fait sa première exposition à 17 ans. Elle s'installe en 1931 à Paris où elle fréquente les surréalistes ainsi que de nombreux artistes: Dali, André Pieyre de Mandiargues, Magritte, Man Ray, Max Ernst, Picasso, Elsa Morante, Elsa Schiaparelli, Christian Dior. Après la guerre, elle s’intéresse également aux costumes et décors de théâtre, aux illustrations de textes littéraires. Une interview de l’artiste réalisée en 1992, quelques années avant sa disparition en 1996, sert de fil conducteur au film, qui présente divers documents d’archives : des extraits d’un film de vacances de 1966 où Leonor Fini déguisée se met en scène pour ses amis, l'interview d’une amie d’enfance de Trieste, des reportages sur ses expositions et sur ses rencontres avec de grands créateurs. Et, omniprésents dans le film comme dans la vie de l’artiste, ces chats qui l’inspiraient tant et qui sont inséparables de son souvenir.

Filmo

Volker Koepp, à l'est de l'Europe

Volker Koepp est l’un des grands documentaristes allemands contemporains.

Trois de ses films sont à découvrir sur Les yeux doc :

Fleurs de sureau (Holunderblüte), réalisé en 2007, Grand Prix du festival Cinéma du réel 2008

Berlin-Stettin, 2009

En Sarmatie (In Sarmatien), 2013

Les lieux traversés par l’Histoire sont au centre de son travail. Sa ville de naissance, Stettin, agglomération située à 70 kilomètres de Berlin, a sans aucun doute influencé ce choix. Autrefois prussienne et ayant appartenu au Duché de Poméranie, des noms aujourd’hui disparus, la ville a été rattachée à l’empire allemand jusqu’en 1945, avant de devenir polonaise après-guerre.

Voyage chez les gens de l'Est

Les trois films forment un grand voyage, entre Mer baltique et Mer noire, un état des lieux de ces régions ou pays, aux frontières si souvent bouleversées : Stettin en ex- Allemagne de l’est, le territoire de la Sarmatie (qui recoupe des parties de la Pologne, la Biélorussie, l’Ukraine, la Moldavie) et Kaliningrad, enclave russe au bord de la Baltique.

Dans Berlin-Stettin, les ouvriers parlent de leur condition de travail en RDA (comme on l’appelait alors) et comparent leur vie passée avec leur situation actuelle. Le réalisateur mêle ses souvenirs du « bloc socialiste » aux leurs. Volker Koepp filme depuis les années 1970 les habitants de ces régions. Il aime dialoguer avec les gens rencontrés, les retrouver et les filmer à nouveau des années plus tard, avec une attention très forte portée aux évolutions sociales.

Avec En Sarmatie, il se tourne vers les jeunes générations, écoute leurs attentes, capte leur enthousiasme qui les entrainent à se déplacer enfin librement. Il fait comprendre les brassages de culture et fait entendre la multiplicité des langues parlées : l’allemand, le russe, le polonais ou l’ukrainien.

Fleurs de sureau est un hommage à la jeunesse. Volker Koepp consacre son film aux enfants de la troisième génération nés dans l’oblast de Kaliningrad, entre Pologne et Lituanie, où la durée de vie d’un homme est de 55 ans.

Là vécurent des Allemands pendant des siècles. Ils ont été chassés de la région en 1945 au moment où celle-ci a été partagée entre la Pologne et l’URSS. Des gens de toute l’Union soviétique sont venus s’y implanter. Dans le village de Gastellovo, un groupe d’enfants grandit, à l’abandon, comme le village et la région. Il n’y a pas de travail. Volker Koepp filme les enfants, à l’écoute de leurs rêves. Leurs visages sont lumineux, magnifiques, formant un contraste cruel avec les adultes entrevus, leurs traits ravagés par l’alcool.

Koepp filme à merveille les paysages de l’ancienne RDA et de la Prusse orientale. Sa caméra caresse les grandes plaines, les fleuves, transforme les ciels chargés de nuages gris-blanc, les champs aux couleurs sombres en de somptueux tableaux.

Il poursuit son œuvre cinématographique, toujours attaché à ce territoire entre Berlin et la mer Baltique. Parti à la rencontre d’agriculteurs et d’écologistes, il a achevé en 2016 un nouveau film Landstück (Un coin de terre). Plus récemment, son film Wierderkehr a rendu hommage à l'écrivain Johannes Bobrowski dont on fêtait en 2017 le centenaire de la naissance.

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