les yeux d'oc

  • Aisheen (Still alive in Gaza), Nicolas Wadimoff

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    Les yeux doc est la plateforme numérique du Catalogue national de la Bibliothèque publique d'information. Elle présente une sélection de films documentaires français et internationaux, constamment actualisée et éditorialisée. Elle est diffusée dans les bibliothèques françaises, auprès des usagers de ces bibliothèques, pour des consultations sur place ou à domicile.

7 jours, un film

Le Dernier Chantier

Olivier Cousin, Xavier Pouvreau, 2011, 60 min

S'appuyant sur le destin du chantier naval Dubigeon de Nantes, déjà en difficulté lors de l'arrivée de la gauche au pouvoir en 1981, le film élargit peu à peu son propos à tout le secteur industriel de la construction navale française, érigé en exemple de la désindustrialisation de la France. La force du film, qui n'est pas un film de plus sur une usine qui ferme, réside d'abord dans un montage alterné d'images d'archives, d'interventions de personnages-clé des années 1980 et d'aujourd'hui : patrons de l'industrie navale, hommes et femmes politiques successivement en charge du portefeuille ministériel de l'Industrie (Edith Cresson), ouvriers et syndicats. Chacun livre sa part d’expérience que d’autres, chercheurs spécialistes de l'industrie, du travail ou des mouvements sociaux, tel Robert Castel, se chargent de synthétiser. De ce montage, qui met en regard et en tension les interventions des divers protagonistes, émerge une enquête solide, qui laisse apparaître l'antagonisme irréductible entre la finalité d'une économie capitaliste dérégulée et la conduite d'une politique nationale de gauche, économiquement équilibrée et dirigée par l'exigence de justice sociale, dans un contexte "mondialisé". Le film est, à cet égard, éclairant.

Tribune

Pour Oleg Sentsov

Le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov, originaire de Simferopol, en Crimée, a été condamné en 2015 à 20 ans de colonie pénitentiaire par un tribunal militaire russe pour avoir milité contre l’annexion de la Crimée par la Russie. Il purge sa peine à la prison de Labytnangui, au nord du cercle polaire. Depuis le 14 mai, il a entamé une grève de la faim pour attirer l’attention des médias sur la situation des prisonniers politiques ukrainiens.

Révélé sur le tard, Oleg Sentsov a réalisé deux courts métrages puis un premier long métrage, Gaamer, en 2011. Bien que fictionnel, le film est basé sur son expérience personnelle en matière de jeux vidéo et se déroule dans le cadre réel d’un tournoi. L’engagement politique, puis l’incarcération de Sentsov, ont mis un terme, que l’on veut espérer provisoire, à deux nouveaux projets de films. Lui-même est devenu « acteur » de son propre procès, dans The Trial : The Federation of Russia vs. Oleg Sentsov, réalisé par le documentariste d’origine ouzbèke Askold Kurov.

 

Dans son édition datée du 22 août, le journal Le Monde a publié un article sous le titre: « Oleg Sentsov peut mourir à chaque minute qui passe ». Elle est signée d’un collectif rassemblant de nombreuses personnalités du cinéma et des lettres.

Pour toute information consulter le site de la société des réalisateurs de films: www.la-srf.fr ou FaceBook: @la.srf

 

Pour mieux comprendre la situation géo-politique dans l’ex-URSS, « Les yeux doc » vous propose de découvrir le film Mariupolis de Mantas Kvedaravicius, filmé en 2015 dans la ville de Marioupol, à l’Est de l’Ukraine, au cœur du conflit qui oppose l’Ukraine et les séparatistes pro-russes.

À suivre aussi, le travail du cinéaste allemand Volker Koepp de plus en plus dirigé vers les territoires de l’Est, de la Baltique à la mer noire. Son film de 2013, En Sarmatie (In Sarmatien), s’attache aux destins contrariés des populations de Russie, Lituanie, Biélorussie, Pologne, Moldavie, Ukraine, mettant en évidence le déchirement de l’exil pour les uns, le regret d’être resté pour d’autres.

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