les yeux d'oc

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    Les yeux doc est la plateforme numérique du Catalogue national de la Bibliothèque publique d'information. Elle présente une sélection de films documentaires français et internationaux, constamment actualisée et éditorialisée. Elle est diffusée dans les bibliothèques françaises, auprès des usagers de ces bibliothèques, pour des consultations sur place ou à domicile.

Portrait

Daniele Segre, un artiste protéïforme

Daniele Segre, né à Alexandrie en 1952, est tout à la fois cinéaste, réalisateur, producteur et professeur de cinéma.

Photographe à Turin, c’est dans les années 1970 qu’il s’engage dans la voie du cinéma social en réalisant documentaires, films de fiction et programmes télévisuels pour la Rai (Radiotélévision italienne)  et la RTSI (Radiotélévision suisse italienne). Ses premiers films se polarisent sur les problèmes des jeunes en grande difficulté. En 1981, il fonde sa maison de production, I Cammelli. À partir de 1996, il enseigne la réalisation à la  Scuola Nazionale di Cinema de Rome, puis à l’Université de Pise. Depuis 2014, il est directeur des études (section Reportage audiovisuel) du Centro Sperimentale di Cinematografia pour la région des Abruzzes, à L’Aquila. Par ailleurs, Daniele Segre s’est intéressé à la mise en scène de théâtre avec Week-end d’Annibale Ruccello (1995).

Daniele Segre défend un «cinema della realtà» (cinéma de la réalité) à hauteur d’homme où le réel doit être rendu dans toute son expressivité. Cette tâche, à la fois éthique et méthode, s’appuie sur trois piliers: réalisation, production, enseignement. Dire, montrer et transmettre pour que le regard du cinéaste, de ceux qu’il filme et celui des spectateurs convergent et se déploient en un lien social fait d’individus singuliers.

Quatre de ses films sont consultables sur la plateforme Les yeux doc.

Deux portraits de femmes d’exception: Maria Adriana Prolo, conceptrice et fondatrice du Musée national du cinéma de Turin du Palazzo Chiablese (Les Yeux qui ont su voir / Occhi che videro) et Lisetta Carmi, photographe hors du commun, humaniste retirée dans son âshram des Pouilles (Lisetta Carmi, une âme en chemin / Lisetta Carmi, un’anima in cammino). Ces deux femmes exemplaires sont filmées alors que le grand âge est là avec son cortège d’expériences, de souvenirs et des désirs encore à venir.

Mourir de travail / Morire di lavoro, est une grande œuvre de témoignages et de dénonciation des accidents mortels sur les chantiers italiens du nord au sud de la péninsule. Les récits se font face caméra dans une économie de moyens, une austérité qui confèrent à ceux qui racontent la dignité et l’humanité qui leur furent volées par des patrons criminels. En 2008, Morire di lavoro, film charge, fut présenté en avant-première à la Chambre des députés en Italie et au Parlement européen de Strasbourg. Le travail de Daniele Segre s’inscrit ici dans une dimension politique, une volonté de changement radical qui s’appuie sur la prise de conscience de ceux qui font les lois, en Italie comme en Europe.

Temps vrai / Tempo vero, s’attache à d’autres témoignages, ceux des accompagnants de malades d’Alzheimer dans la région Émilie-Romagne, très en pointe pour les questions de santé et d’assistance sanitaire. Filmés au plus près dans des moments de réflexion, de partage ou de vie  avec le proche malade, les témoins disent et ces paroles dites apportent chacune un poids de compréhension, de souffrance, un poids de vie, de vérité, de temps vécu, de temps vrai.

Qu’il s’agisse de portraits individuels ou de réalité plus collective, les films de Daniele Segre nous conduisent sur des chemins où la parole construit l’humanité et la révèle et c’est dans ce mouvement vers les êtres que peuvent aussi se façonner les outils de la transmission.

Le travail de Daniele Segre, reconnu et salué au plan national comme international, a reçu des récompenses dont, entre autres, La Médaille du Président de la République Giorgio Napolitano (novembre 2012, Quirinale, Roma) et le Prix Maria Adriana Prolo (Torino Film festival, 2012).

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