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    Les yeux doc est la plateforme numérique du Catalogue national de la Bibliothèque publique d'information. Elle présente une sélection de films documentaires français et internationaux, constamment actualisée et éditorialisée. Elle est diffusée dans les bibliothèques françaises, auprès des usagers de ces bibliothèques, pour des consultations sur place ou à domicile.

Portrait

.Mille et Une. Films, une « maison » de production

D’après une étude consacrée à la production documentaire sur la période 2012-2015, 67% des entreprises de production sont établies en Île-de-France. Mille et Une. Films se distingue puisqu’elle est installée en Bretagne, à Rennes. Gilles Padovani a créé sa société en 1995 après avoir suivi la première session de la formation « Produire en région » encadrée par le producteur Jacques Bidou (JBA Production) et le réalisateur Jean-Marie Barbe (Tënk). Depuis, la société a produit environ 70 films, en majorité des films documentaires (même si une ouverture à la fiction a eu lieu en 2000). Sa ligne éditoriale tourne autour de deux axes, des films personnels (par exemple, ceux de Didier Nion, Dix-sept ans et Juillet à Quiberville) et des films centrés sur les questions de société.

Le choix des projets repose sur des rencontres : « J’aime être séduit par un sujet, un auteur. Un film, ça peut être très long à faire, donc il faut qu’il y ait un désir fort de le porter. En vingt ans, la situation a évolué. Il y a des documentaires qu’on faisait encore il y a cinq ou six ans et qu’on ne peut plus faire aujourd’hui. Il faut savoir louvoyer, avoir à l’esprit que certains projets qui me tiennent à cœur ne vont pas rapporter d’argent. C’est un équilibre délicat à trouver. »

Produire est aussi un enjeu économique : « On a besoin du politique », expliquait G. Padovani en 2011 dans un article du Journal des entreprises, afin de « redessiner une politique en phase avec le nouveau paysage ». En 2016, le conseil régional de Bretagne, a lancé une réflexion sur le soutien économique aux entreprises de la filière pour aider l’industrie du cinéma comme n’importe quel autre secteur. En 2017, la région a annoncé une augmentation de son aide au cinéma.

Exigence, rigueur, acharnement sont les maîtres mots du métier. « Producteur est un métier qui demande pas mal de compétences : il faut être à la fois financier, manager, un peu artiste, psychologue… Mais je suis avant tout cinéphile, je suis entré dans ce métier parce que j’aimais le cinéma et ça n’a pas changé. »

La passion mêlée de stratégie, les deux ont porté leurs fruits : Dix-sept ans  a été remarqué par cinq festivals (dont Cannes et le Festival Cinéma du réel), La Mort de Danton a reçu une Étoile de la SCAM en 2012 et le Prix des bibliothèques du Cinéma du Réel 2011, Fragments d’une révolution a également été sélectionné dans de nombreux festivals en France et à l’étranger (Dok Leipzig, DocLisboa, Festival Dei Popoli…)

Parmi les derniers films produits : Islam pour mémoire, de Bénédicte Pagnot, sorti en salle en mars 2017, rend hommage au poète et intellectuel franco-tunisien Abdelwahab Meddeb et célèbre un Islam complexe, aux apports multiples.

Pour conclure, pourquoi le nom de .Mille et Une. ? « Quand j’ai décidé de sauter le pas [en fondant une maison de production], je lisais les Mille et une Nuits qui mêlent magnifiquement aventure et poésie, j’ai donc baptisé la société .Mille et Une. Films ».

A voir sur Les yeux doc…

Consultables sur la plateforme Les yeux doc, les films La Mort de Danton, de Alice Diop et Fragments d’une révolution, film anonyme, sont tout à fait représentatifs des choix revendiqués.

La Mort de Danton questionne la place d’un jeune homme noir de banlieue parmi les élèves comédiens du célèbre Cours Simon, issus pour la plupart de la bourgeoisie.

Fragments d’une révolution, film puzzle, rassemble les vidéos filmées avec des téléphones, puis postées sur internet par les manifestants iraniens en juin 2009, lors des grands mouvements de protestation contre l’élection de Mahmoud Ahmadinejad. Ces vidéos constituent un témoignage sur le vif des événements dramatiques qui ont émaillé le soulèvement et des espoirs déçus, ainsi qu’un récit introspectif sur le sentiment de culpabilité de ceux qui ont regardé ces événements sans pouvoir y participer.

DR

 

sources :

filmsenbretagne.org - Dossier « Production documentaire, un regard hexagonal » et « Vingt bougies, mille films », interview de Gilles Padovani

Mille et Une. Films, en six films et six dates – Ouest France (février 2016)

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