sélection
Contrechamps canadiens : 9 films de l’ONF à découvrir
Les yeux doc et l’Office national du film du Canada (ONF) s’associent pour promouvoir le cinéma canadien en France. Avec une sélection de neuf films, ce parcours traverse diverses approches esthétiques et narratives emblématiques de l’ONF dont le portrait, le film d’observation en cinéma direct et le film ethnologique.
Réalisés entre 1962 et 2018, les films de cette sélection constituent pour plusieurs d’entre eux des classiques de l’histoire du cinéma mondial. Ces documentaires nous proposent par ailleurs des contre-récits de l’histoire canadienne : mouvements pour le Québec Libre, défenses de l’égalité femmes-hommes, résistances autochtones aux violences de la colonisation, questionnements sur la prédation humaine. Ces regards résonnent avec des enjeux politiques récents, qu'ils soient français ou internationaux, et ouvrent des espaces de dialogue et de réflexion.
Portraits d’artistes canadien·nes : entre ferveur et décontraction
Entremêlant cinéma direct, films d’archives et mise en scène jouée, ces portraits tracent les contours de trajectoires artistiques singulières au Canada. D’un côté, un poète en mouvement, qui arpente Montréal avec une désinvolture apparente à la fois libre et attentive. De l’autre, une muse de l’indépendance du Québec, habitée par une ferveur politique.
- Mesdames et Messieurs, M. Leonard Cohen, Donald Brittain & Don Owen, 1965, 44 min
- Pauline Julien, intime et politique, Pascale Ferland, 2018, 53 min
Luttes autochtones : un cinéma engagé et communautaire
En écho des préoccupations actuelles sur la défense des droits et des territoires des peuples autochtones, ces deux films majeurs du cinéma autochtone canadien témoignent de luttes territoriales et politiques menées par les communautés Kanien'kéhaka (mohawks). Quand le premier film documente au plus près une action de mobilisation sur la frontière Canada-États-Unis, le second s’attache à recueillir un témoignage a posteriori de la crise de Kanehsatake pour entrer dans le vécu individuel d’une militante.
- Vous êtes en terre indienne, Michael Kanentakeron Mitchell, 1969, 36 min
- Je m’appelle Kahentiiosta, Alanis Obomsawin, 1996, 29 min
L’émancipation des femmes : vers l’égalité ?
Entre les nouvelles réflexions féministes sur l’égalité, la maternité et le couple des années 1960-1970 et un contrepoint situé dans les années 1990 sur une activité traditionnellement masculine, le camionnage, trois films interrogent les évolutions de la condition féminine au Canada au cours de la seconde moitié du XXe siècle. Ces portraits individuels ou choraux mettent en avant un cinéma de la parole et de l’expérience vécue, où l’intime devient un espace d’expression politique.
- De mère en fille, Anne Claire Poirier, 1968, 75 min
- J’me marie, J’me marie pas, Mireille Dansereau, 1973, 81 min
- 5 pieds 2 – 80 000 lbs, Nathalie Trépanier, 1999, 51 min
Les humains, les territoires et la relation au vivant
Outre leur importance patrimoniale, ces deux œuvres majeures du cinéma direct québécois résonnent fortement avec des préoccupations écologiques contemporaines. Quelles relations les êtres humains entretiennent-ils avec le vivant ? Quelle logique de prédation et d’anéantissement se joue de l’humain à l’animal ? Quelles pratiques de pêche et de chasse tolérer pour l’autosuffisance alimentaire ou pour les loisirs ? Un film nous fait découvrir la légendaire et périlleuse pêche au marsouin, l’autre la cocasse échappée de chasseurs d’orignal (élan), fortement avinés.
- Pour la suite du monde, Pierre Perrault & Michel Brault, 1962, 105 min
- La Bête lumineuse, Pierre Perrault, 1982, 127 min
Pour aller plus loin
Vous pouvez découvrir davantage de films directement depuis le site de l’ONF : https://www.onf.ca/

