Bangui, République centrafricaine. Rodrigue et Reine forment un couple uni très investi dans les activités de leur église. Mais ils vivent avec un terrible secret : ils sont atteints du VIH, une maladie qu’ils portent comme une punition divine.
Ni la ferveur religieuse de Rodrigue et Reine ni leur souffrance ne requièrent la moindre emphase, et l’on retrouve dans Le Fardeau la sècheresse narrative du premier long-métrage d’Elvis Sabin Ngaïbino, Makongo, sélectionné à Cinéma du réel en 2020. Conteur résolu, le cinéaste restitue avec économie l’ampleur de l’opprobre qui entoure le VIH, lorsque Reine va jeter les boîtes d’antirétroviraux dans les toilettes pour que personne ne les découvre, comme la profondeur de leur détresse, lorsqu’ils manquent d’argent pour acheter la suivante. Son regard horizontal est celui, précieux, d’un proche, qui partage leur secret et leur foi. Frappe la façon dont l’amour du couple endure l’adversité. Puisque Rodrigue semble accablé par une tristesse sans bornes, Reine doit se battre plus ardemment : c’est une question de survie. La médecine occidentale, peu empathique, cohabite avec la quête d’une guérison mystique. Face à la maladie qui progresse, Rodrigue et Reine veulent croire en la possibilité d’un miracle. Le cinéaste accompagne cette quête, montre le caractère structurant de la religion dans leur vie : elle les contraint à vivre dans la honte, mais leur donne aussi la force de lutter pour s’extirper de l’ombre, quitte à finalement contrarier les discours culpabilisants des prêtres. Si Rodrigue a été puni par Dieu, ne mérite-t-il pas à présent la miséricorde ? Le film en train de se faire nourrit la conviction que le silence mérite d’être brisé – et l’histoire d’amour de se doubler d’une histoire d’amitié.
(Cinéma du réel 2024 / Olivia Cooper-Hadjian)
Réalisation : Elvis Sabin Ngaïbino
Ecriture : Elvis Sabin Ngaïbino
Production : Makongo Films
Production : Les Fims de l'oeil sauvage
Distribution : Andana Films
Distribution : Les Fims de l'oeil sauvage
Distinctions et récompenses
Premier Prix, Filmmaker Film Festival, Milan (Italie), 2023- Couleur : Couleur
- Langues : Sango, Français
- Date de production : 2023
- Pays de production : France, République démocratique du Congo, République centrafricaine
- Titre original : Le Fardeau
Lieu filmé
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Dans la sélection "Le meilleur du Festival Cinéma du réel"
Voir la sélectionDans la sélection "Sida : faire face aux préjugés"
Voir la sélectionLe FardeauElvis Sabin Ngaïbino · 80 min
2023
SD
HD
Tout public
MakongoElvis Sabin Ngaïbino · 72 min
2020
SD
HD
Tout public
Les bibliothécaires parlent du film
Le regard du réalisateur sur ce couple et son terrible secret est celui d’un proche. : puissant, malgré une sécheresse narrative affirmée.La profondeur de leur détresse, la lutte contre l’adversité et la précarité , l’obligation à vivre deux vies, « normale » avec leurs enfants et cachée pour éviter l’opprobre et envisager un avenir, sont remarquablement montrées, au travers de gestes anodins du quotidien, comme cette scène inaugurale d’élévation d’une énorme croix par les deux protagonistes.
Rodrigue est accablé par une tristesse infinie, et Reine doit se battre plus ardemment : question de survie (scène incroyable de bagarre de femmes au marché) et toutes les possibilités de guérison sont mises en œuvre.On montre le caractère structurant de la religion dans leur vie : elle leur donne la force de lutter pour sortir de l’ombre, quitte à contrarier les discours culpabilisants des prêtres. Le film en train de se faire nourrit la conviction que le silence mérite d’être brisé – et l’histoire d’amour de se doubler d’une histoire d’amitié.
Rodrigue est accablé par une tristesse infinie, et Reine doit se battre plus ardemment : question de survie (scène incroyable de bagarre de femmes au marché) et toutes les possibilités de guérison sont mises en œuvre.On montre le caractère structurant de la religion dans leur vie : elle leur donne la force de lutter pour sortir de l’ombre, quitte à contrarier les discours culpabilisants des prêtres. Le film en train de se faire nourrit la conviction que le silence mérite d’être brisé – et l’histoire d’amour de se doubler d’une histoire d’amitié.

