les yeux d'oc

Makala

Makala

Kwabita et Lydie Kasongo, jeune couple de paysans congolais du Katanga, ont des rêves d'avenir et de vie meilleure. Pour réaliser ces rêves, construire et équiper une maison pour la famille, les pistes sont très restreintes, l'environnement n'offrant que peu de ressources en dehors des exploitations minières. Traditionnellement, dans cette région, les paysans s'improvisent charbonniers, fabriquant le charbon (makala) à partir du bois coupé dans la savane. C'est ce que montre la première partie du film, que l'on peut voir comme un prologue neutre et factuel, mais d'une grande beauté, qui introduit le vrai sujet du film et son apogée : le voyage de Kwabita et de ses sacs de charbon juchés sur un vélo qu'il traîne sur 50 kilomètres, jusqu'au marché de Kolwezi. Ce voyage s'apparente à un chemin de croix, avec ses passages escarpés qu'il faut gravir petit à petit, en s'arrêtant pour reprendre haleine, avec les camions lancés à toute allure sur la route, qui frôlent dangereusement la frêle cargaison, avec les tentatives d'extorsion aux abords de la ville, les crevaisons, l'effondrement des sacs. Avec Kwabita, le spectateur souffre et est à la peine, ne reprenant son souffle que lorsque le vélo disloqué et ce qu"il reste du chargement arrivent enfin à la ville. Mais le temps n'est pas encore à la rémission et à la détente, la ville a aussi ses règles cruelles, son petit peuple qui applique sans états d'âme la loid du commerce et du profit. Au bout d'intenses tractations, épuisé, Kwabita empoche son maigre butin et va dormir dans la famille. Demain, il retournera au village.