sélection
Des hommes jusqu'à la rupture (Masculinité, partie III)
Cette sélection de trois films montre des hommes blessés dans leur esprit. Qu’ils soient vétéran de guerre, policier en patrouille ou médecin à la retraite, ces personnages ont été définis par leur fonction dans la société et n'ont pas prévu d'en sortir. Mais le monde ne les laisse pas tranquilles…
Of Men and War, des soldats et des ombres
Dans Of Men and War, des vétérans d'Irak et d'Afghanistan portent des lunettes de soleil y compris pendant les séances de thérapie de groupe à l'intérieur du centre de Yountville (Californie). Derrière les verres teintés qui cachent leurs traumatismes, il est plus facile pour eux de claquer des portes que d’exprimer les premiers mots.
Comme il les a filmés pendant cinq ans, le cinéaste Laurent Bécue-Renard donne à voir le chemin emprunté par les soldats du mutisme à la parole, que rien dans leur parcours ne les préparait à prendre. Ils ont appris à tenir, à ne rien montrer, à garder la peur à l'intérieur d’eux, pour eux. Une fois rentrés à la maison, les militaires trouvent des épouses et des enfants qui les attendent. Un autre métier d'homme, autrement difficile, commence.
Random Patrol, Matt patrouille
Matt Hofer, uniforme de policier, lui aussi équipé de lunettes de soleil, patrouille dans la banlieue résidentielle de Yukon, près d'Oklahoma City. Yohan Guignard le filme depuis le siège passager, enfermé avec lui dans l'habitacle.
Matt a le réflexe de porter la main à son arme à chaque échange avec les résident·es. Ce dernier montre au réalisateur le bouton rouge sur le tableau de bord de son SUV, explique le protocole en cas d'attaque… Chaque patrouille est une patrouille où il peut mourir. Il le sait très bien, la mort fait partie du métier. Pourtant, le jour où son propre père meurt, Matt Hofer va travailler... Que pourrait-il faire d'autre ? L'uniforme le tient.
Papa s’en va, un médecin à la retraite
Le docteur Jacques Horovitz, lui, n'a plus d'uniforme. Dans Papa s'en va, Pauline Horovitz filme son père alors qu'il part à la retraite, après des décennies de gynécologie-obstétrique au CHU de Bordeaux qui furent toute sa vie. On découvre un homme engoncé dans son corps qui ne sait pas quoi faire de ses journées devenues vides. Il erre dans un appartement encombré d'objets et de dossiers, s'initie au golf pour faire comme ses ex-collègues. Finalement, Jacques s'inscrit au Cours Florent pour devenir acteur, non pas parce qu'il a toujours rêvé de la scène, mais, peut-être, parce qu'il lui faut un rôle, après celui qu'il a joué pendant quarante ans.
