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Semaine du goût : que mangeons-nous ?
Rendez-vous national pour l'éducation au « bien-manger », la découverte des saveurs et la valorisation du patrimoine culinaire, la Semaine du goût propose chaque année depuis 1990 de mettre en relation les professionnel·es de l'alimentation et leurs publics. Mais avant de s’interroger sur le goût, posons-nous cette question : d’où viennent les aliments qui sont dans nos assiettes ?
Quand L’Île aux fleurs décortique toute la chaîne de productions d’une tomate, Mascarades nous place au cœur de la lutte des agriculteur·rices bolivien·nes pour garder le contrôle sur leur culture ancestrale du quinoa et l’élevage des lamas.
« Avant, tout était sain » : Mascarades, de Claire Second
D’où vient le quinoa bio en vente dans nos épiceries ? Imagine-t-on quel combat a été mené pour sa récolte ? A Tomave, situé sur les hauts plateaux boliviens, les villageois·es se mobilisent depuis des années contre un système dont ils et elles ne veulent pas. Cultivé depuis toujours avec des pratiques naturelles et rentables, le quinoa est devenu dans ce village le symbole d’un combat entre profit et respect de la nature.
Le gouvernement bolivien impose aux cultivateur·rices un plan de sauvegarde des récoltes basé sur des fertilisants au nitrate,, des engrais aux puissants agents nocifs. Une majorité de cultivateur·rices se bat pour démontrer que la terre ne produit pas plus et les lamas ne vivent pas mieux en étant nourris de nutriments chimiques. Cette communauté, implantée là depuis des générations, veut continuer à cultiver des produits sains sur une terre saine, à leur échelle, rentable et qui leur permet de vivre correctement. Produire plus mais moins bien, telle est la devise qu’ils et elles refusent, à l’instar de cette phrase placardée dans la rue du village : “La terre fournit suffisamment pour satisfaire les besoins de chaque homme mais pas la cupidité de chaque homme”. On ne peut que rendre hommage et remercier ces femmes et ces hommes dont le combat quotidien permet aux consommateur·rices de se nourrir sainement.
La belle vie de la tomate : L'Île aux fleurs, de Jorge Furtado
Comment décrire la chaîne alimentaire qui régit notre consommation et en démontrer les rouages néfastes en seulement 12 minutes ? C’est le pari audacieux, et réussi, de ce court métrage devenu un classique au Brésil et à l'international.
Prenant comme point de départ la cueillette d’une tomate dans une grande plantation, le film déroule à toute vitesse la vie de ce légume et toutes les productions qui en découlent : de la consommation dans les foyers à l'industrialisation, la sur-consommation, le gâchis, les déchets, les inégalités, le profit, les troubles sur la santé … un tourbillon d’images percutantes s'enchaînent, révélant en toute simplicité la monstrueuse machinerie du capitalisme. Questionnant la différence entre l’homme et l’animal, Jorge Furtado nous fait réfléchir à ce que nous mangeons et surtout à ce que cela révèle des inégalités à travers le monde. Il met aussi en avant la différence entre l'Homme et l'animal et questionne la notion de liberté, inhérente à l'Homme mais trop souvent malmenée et manipulée par les politiques qui nous gouvernent.

