les yeux d'oc

Casus Belli

Casus Belli, sur les sentiers de la paix

En Belgique, diverses solutions sont mises en œuvre pour faciliter et encadrer le "vivre ensemble". A Ixelles, dans la banlieue de Bruxelles, deux médiateurs de quartier et un juge de paix sont chargés de cette délicate mission. Anne Lévy-Morelle pose sa caméra tantôt dans les locaux des uns, tantôt dans le tribunal de l'autre. Du côté des médiateurs, l'accueil est axé sur la psychologie. Parler, écouter, téléphoner des heures durant. Pas de contraintes violentes, mais l'usage immodéré d'un certain art de discourir et une confiance inébranlable en Voltaire qui assure que le temps adoucit toutes choses. À l'autre bout de la ville, dans une salle austère et solennelle, ce n'est plus la comédie des petits pas en avant et en arrière que l'on joue, mais un combat de coqs qui dégénère parfois en affrontement. Le juge résout posément les conflits qui opposent bailleurs et locataires, étendant parfois sa compétence aux mésententes entre maris et femmes. Intuition, bon sens et fermeté sont ses meilleures armes pour convaincre et surtout trancher. Car quand c'est décidé, on n'y revient plus, on passe à l'affaire suivante. Ce défilé de situations tragi-comiques renvoie une image assez crue de la difficulté du dialogue entre les cultures, les générations, les sexes, en Belgique comme ailleurs. Il montre aussi que des solutions sont encore à imaginer pour renforcer le lien social et, accessoirement, désencombrer les tribunaux.

Voir un extrait