les yeux d'oc

Temps vrai

Temps vrai

Tempo vero

Entre le balancier d'une horloge qui rythme le film et le cadran solaire qui le clôt que peut-on dire de «Tempo vero» ? Du temps vrai, du temps réel ? Quel est-il ce temps qui semble obséder le film ? Des visages cadrés au plus près témoignent des signes, du diagnostic, des difficultés, de la douleur d'un proche atteint par la maladie d'Alzheimer. Chacune des paroles dites apporte son poids de compréhension et de dignité pour exprimer la souffrance de ceux et celles qui accompagnent. Il y a le choc, le refus, la lenteur du diagnostic posé par les médecins pour le père âgé de 41 ans d'une jeune femme, il y a la rage, la colère, la gêne face à l'extérieur, devant les amis qui fuient car ils ne savent plus comment se comporter. Accompagner, c'est aussi résister, physiquement et psychologiquement. Les témoignages et moments de vie filmés avec le parent malade nous interrogent sur la valeur de l'existence. Peut-être est-ce là la réalité du temps, la vérité du temps, cette durée vers laquelle nous conduit le film tourné en Emilie-Romagne, région très en pointe en Italie pour l'assistance sanitaire. Ce temps-là «n'a pas de prix» dit la jeune fille qui, ayant interrompu ses études pour accompagner son père, ne considère pas sa décision comme un sacrifice, «Personne n'est à l'abri de la maladie, à tout moment ta vie peut changer. Tu dois l'accepter et grandir». C'est sans doute un des messages du film qui pose sans outrance mais avec une émotion toujours contenue des questions essentielles autour de la peur, de la colère, de l'acceptation, de la douleur et de la perte que cette maladie impose aux êtres (malades et accompagnants) par la violence qu'elle leur fait subir.

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