les yeux d'oc

Seishin

Seishin

Mental

C'est à Tokyo dans la clinique du Dr Yamamoto, pionnier de la psychiatrie au Japon, que nous emmène Kazuhiro Soda. Là se pratiquent l'écoute, la relation d'aide en direction de patients atteints de psychoses (troubles bipolaires, schizophrénie) et ce parfois depuis fort longtemps. Un lieu atypique par l'accueil qui y est pratiqué : nulle technologie mais des dossiers sur papier, du personnel soignant pas des machines, un médecin âgé qui reçoit les malades assis devant une table son stylo bille à la main. Un lieu atypique pour le Japon où l'organisation et la discipline sont des valeurs-phares. Dans sa clinique, le Dr Yamamoto autorise une salle d'attente aux fumeurs, laisse les malades dormir ou s'attarder au téléphone en quête de solutions pour leur logement. Aux récits de la souffrance - infanticide, pulsions suicidaires, dépressions sévères - se juxtaposent quelques scènes où l'humour et une ébauche de sérénité affleurent. Le réalisateur s'attache aux récits et aux conditions de vie de malades que la société et les préjugés excluent. Derrière la détresse psychologique se profile la misère économique et sociale : problèmes de prise en charge de la maladie, des médicaments, de l'aide à domicile. Même si le Dr Yamamoto n’est jamais interviewé, sa méthode est un des ressorts du film. Lui-même a quelque chose d'un sage oriental admiré de tous pour son dévouement, son désintéressement, son humilité.

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