les yeux d'oc

Bagatelle

Bagatelle

Bagatela

Vu du ciel, le palais de justice est une forteresse. D'ailleurs, il n'y a pas de façade. Comme si une fois franchi le seuil de ce hall immense, on ne pouvait plus en sortir. À l'intérieur, c'est un dédale d'escaliers, de couloirs, de locaux impersonnels où des femmes de ménage s'activent en permanence. Dans ce labyrinthe de la justice colombienne, où tout a été conçu pour égarer davantage encore les âmes égarées, elles seules trouvent leur chemin. Les affaires qui sont jugées ici concernent des délits mineurs, des "bagatelles": vols de portables, de parfum à 7 euros, d'un câble de téléphone... Les prévenus ont le même profil : jeunes, misérables, sans logement, confrontés à des situations familiales dramatiques. En face d'eux, des avocats commis d'office traitent les dossiers à la chaîne. Ils ont la solution miracle: le "plaider coupable" qui réduit de moitié les peines parce qu'il évite à l'État les frais d'un procès. Cette défense est un piège: les malheureux ont toutes les chances de retomber entre les griffes de la justice. (Catalogue Cinéma du réel 2009)

Voir un extrait