les yeux d'oc

Adieu la rue des radiateurs

Adieu la rue des Radiateurs (Nina)

Le cinéma ici se mesure au texte littéraire dans la capacité de l'un et de l'autre à exprimer la perte, la disparition. D'un côté, Mathieu Riboulet lit des extraits de son livre "Le Regard de la source", relatifs à la disparition d'une amie russe, Nina. De l'autre, Vladimir Léon esquisse à travers des extraits de film super 8, le portrait de Nina Kotchekova, amie des Léon, filmée à Moscou et à Paris dans les années 90 et dont le destin à bien des égards s'apparente à celui de l'héroïne de Riboulet. Mais peut-on encore, dans cet entrecroisement du texte et de l'image, parler de perte ? D'un côté les images brutes et passées de Léon donnent corps et épaisseur au texte de Riboulet et le décantent d'un excès de formalisme, de l'autre le texte de Riboulet, filmé dans un décor lumineux et soigné, déploie ce qui est là mais retenu, comprimé et fugitif, dans les images de Léon : la complicité et la peur, l'éloignement et la mort. (Catalogue Cinéma du réel 2008)

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