les yeux d'oc

Les Hommes

Les Hommes

Aux confins d’une mer gelée, un bateau s’approche de la terre. Des silhouettes humaines en sortent, elles paraissent étranges. La glace, les pierres et les bêtes du Groenland assistent depuis leur monde immuable au passage de scientifiques venus un été pour les étudier. Ariane Michel a saisi l'opportunité d’une expédition scientifique qui partait explorer l’Est du Groenland à bord du Tara V (l’ex-Antarctica), mais elle n’a pas voulu réaliser la «mémoire de l’expédition», elle a choisi le point de vue «de la terre, des animaux sauvages et des éléments» sur ces intrus, les êtres humains. Le film se prête ainsi à un jeu qui confère une puissance d’observation à la nature, et, cherchant à se caler dans l’axe de son regard, il tente de questionner l’écart qui sépare le temps géologique du temps humain, le geste scientifique de la subjectivité des bêtes, l’amour de la nature et l’indifférence du végétal. «Ce voyage a nourri une sorte de nostalgie en moi, un truc que j'identifie mal mais qui est très violent. J'ai la sensation que quelque chose a disparu, que quelque chose n'existe plus. On a peut-être trop voulu dominer le paysage, le transformer. Avec le Groenland, je crois que c'est comme dans toutes les expériences avec le désert: on apprend à s'émerveiller, à sentir la moindre vie. Le moindre animal a une importance énorme, il y en a très peu. Alors pour les Humains. Des humains il n'y en avait pratiquement pas, en dehors de ma bande, sur le bateau». (Ariane Michel)

Voir un extrait