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Derniers jours à Shibati

Derniers jours à Shibati

En Chine, comme dans la plupart des centres urbains des pays développés ou en cours de développement, la pression sur les terrains constructibles est forte. À Pékin, les Hutongs, les vieux quartiers et leurs ruelles étroites bordées de maisons basses, ont été rénovés au cours des vingt dernières années, laissant place à des immeubles de grande hauteur, des complexes hôteliers et touristiques. À Chongqing, ville tentaculaire de 34 millions d'habitants de la province du Sichuan (Centre de la Chine), les derniers habitants d'un quartier traditionnel vivent en quasi autarcie, entourés ou plutôt encerclés par les gratte-ciels géants de la ville-lumière, dont les enfants s'approchent le soir, attirés et hypnotisés par la forte luminosité ambiante. C'est le cas de Zhou Hong, petit garçon tiraillé entre une famille restée à l'écart du progrès technologique (les parents ont peur de prendre l'ascenseur) et l'appel de la ville moderne, porteuse d'une promesse d'avenir. Dans cet espace un peu lunaire, le réalisateur a du mal à trouver sa place car il ne parle pas la langue. Objet des risées de la population, qui voit en lui un excentrique, il ne doit son ancrage dans le quartier qu'aux liens d'amitié qu'il tisse avec deux personnes en marge de la société des adultes : l'enfant et une vieille femme originale, Madame Xue Lian, qui trône sur une déchetterie d'objets hétéroclites, destinés à perpétuer son quartier, sa culture, ses convictions. Film mélancolique et crépusculaire, "Derniers jours à Shibati" fait montre d'une empathie profonde pour tous ceux qui résistent au rouleau-compresseur d'une modernité tyrannique.

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