les yeux d'oc

Cosmos privé

Cosmos privé

Soukromy vesmir

La réalisatrice Helena Třeštíková, un temps ministre de la culture de son pays, est l'une des plus éminentes représentantes d'une branche très active du cinéma documentaire, l'observation à long terme. Au cours de sa déjà longue carrière de cinéaste, elle a filmé à intervalles réguliers des personnes de son entourage, familles sans histoire ou personnages aux destins tragiques. Dans "Cosmos privé", elle s'invite chez les Kettner, famille qu'elle a commencé à suivre dès 1974. Le journal intime du père, Petr Kettner, sert de fil conducteur à travers les petits et les grands événements que traversent la famille et le pays. Un journal souvent humoristique, fait de mots mais aussi d'objets, photos, dessins et billets de banque. En contrepoint aux récits personnels, la télévision égrène des images d'archives qui témoignent du passage inexorable du temps: les présidents de la république se succèdent pour présenter leurs voeux, les fusées russes s'élancent à la conquête de l'espace, le chanteur populaire Karel Gott construit son statut d'inoxydable icône des médias. Les années s'enchaînent, les enfants naissent et grandissent, les aïeuls meurent, les événements politiques glissent sur le quotidien. Le film pourrait s’arrêter là, mais la réalisatrice délaisse les parents pour s'attacher au fils aîné, Honza, qu'elle a vu naître. Le film explore alors un chemin de traverse en suivant les pérégrinations de ce garçon fantasque et marginal, venu de nulle part, étoile incandescente dérivant librement autour de la galaxie Kettner.