les yeux d'oc

Le Pont des fleurs

Le Pont des fleurs

Podul de flori

«J'ai l'impression de leur voler leur jeunesse. Ils n'ont pas de temps pour jouer.» Dans cette ferme, comme dans beaucoup d'autres en Moldavie, la femme est partie travailler à l'étranger, pour combler les dettes, payer les études des enfants et réparer la maison, laissant le père seul avec les enfants. Mais «Le Pont des fleurs» est plus qu'une chronique de la vie en autarcie de cet homme, au jour le jour, il est aussi un film pédagogique. Pas une de ses actions que le père n'explique à ses enfants, pas un ordre dont il ne donne les raisons. La mère se rappelle à sa famille de multiples façons : par l'arrivée d'un colis, par la brièveté d'une communication téléphonique, par la durée même du film étalé sur plusieurs saisons. Parfois, Costica Ahrir parle seul devant la caméra, tirant le bilan des actifs et des passifs de la journée. Le film change alors de statut et nous donne la clé: si, pour le réalisateur, il est initialement une description émouvante de la dégradation de la situation des paysans en Moldavie, pour Costica, c'est le moyen le plus astucieux d'écrire à sa femme et de lui donner des nouvelles des siens. Le film s'inverse alors: vu par la mère, il est tout ce qui lui manque.