les yeux d'oc

Le Dictionnaire selon Marcus

Le Dictionnaire selon Marcus

"Le Dictionnaire selon Marcus" a d’abord des allures de code pénal : « recel », « recel de criminel », « usage de faux », « vol de voiture », « vol avec effraction »… Le pedigree de Marcus Sluse, dit Marcus, défile à l’écran en bande continue, avec la conversion des délits en amendes et peines de prison. Marcus aide des gens à s’échapper de prison, cache des évadés chez lui, loue des planques, part avec des hommes en cavale pour qu’ils puissent gagner les frontières. Ce ne sont pas des actes faits au hasard, c’est une vocation qu’il assume comme un acte de compassion, comme son devoir d'homme. Dans ce film, il affronte la caméra et raconte sans détours le chemin qui l’a conduit de l’orphelinat à la prison. Dès son premier séjour sous les verrous, pour supporter cette violence, il a trouvé une issue : il apprend par cœur les définitions de mots qu’il aime, comme solidarité, confiance, liberté, souffrance… Ces mots l’aident à vivre, en prison comme à l’extérieur, où il les met en pratique. Sa vie est donc tissée de périodes de joie, comme lorsqu’il a vécu plusieurs années avec une femme et ses enfants, ou lorsqu’il est retourné vivre avec sa mère adoptive devenue veuve. Mais il ne résiste jamais à aider ses compagnons de souffrance en prison, ce qui l’y ramène régulièrement, avec son sac plein de dictionnaires. Ceux-ci ont forgé son expression verbale, claire, précise, créant des images d’une grande densité. La réalisatrice a mis en scène un homme solide et droit, paradoxalement plus libre que le commun des mortels, dont la vie révèle avec une particulère acuité les failles de la définition usuelle du mot « justice ».

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