les yeux d'oc

Le Dernier Chantier

Le Dernier Chantier

S'appuyant sur le destin du chantier naval Dubigeon de Nantes, déjà en difficulté lors de l'arrivée de la gauche au pouvoir en 1981, le film élargit peu à peu son propos à tout le secteur industriel de la construction navale française, érigé en exemple de la désindustrialisation de la France. La force du film, qui n'est pas un film de plus sur une usine qui ferme, réside d'abord dans un montage alterné d'images d'archives, d'interventions de personnages-clé des années 1980 et d'aujourd'hui : patrons de l'industrie navale, hommes et femmes politiques successivement en charge du portefeuille ministériel de l'Industrie (Edith Cresson), ouvriers et syndicats. Chacun livre sa part d’expérience que d’autres, chercheurs spécialistes de l'industrie, du travail ou des mouvements sociaux, tel Robert Castel, se chargent de synthétiser. De ce montage, qui met en regard et en tension les interventions des divers protagonistes, émerge une enquête solide, qui laisse apparaître l'antagonisme irréductible entre la finalité d'une économie capitaliste dérégulée et la conduite d'une politique nationale de gauche, économiquement équilibrée et dirigée par l'exigence de justice sociale, dans un contexte "mondialisé". Le film est, à cet égard, éclairant.

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