les yeux d'oc

Zone franche_Zona franca

Zona franca

Zona franca, la zone franche, est une vaste étendue de centres commerciaux au coeur de la province chilienne de Magellan, près de la ville de Punta Arenas. Ce territoire porte les cicatrices des bouleversements qui transformèrent le dernier espace sauvage de l'Amérique originelle en une vitrine de la société marchande. Les touristes s'y pressent en quête de cette limite fantasmée du bout (ou de la fin) du monde. La population, largement abandonnée par les aménageurs, essaie tant bien que mal de s'en sortir en recueillant les miettes du développement touristique. Gaspar, le chercheur d'or, a posé sur sa cabane un panneau où l'on peut lire "ici chercheur d'or". Lalo, le routier syndicaliste, se voit déjà construisant de nouvelles routes pour développer le tourisme, sans pour autant défigurer le paysage. Patricia, mère de quatre enfants à 25 ans, ne rêve plus que de la mine voisine où les salaires sont élevés. Le quatrième personnage, c'est le réalisateur Georgi Lazarevski, venu à la découverte d'un territoire où se sont installés jadis des Yougoslaves: "Mon père était yougoslave, amoureux de son pays. Nous avons vécu dans plusieurs endroits, et en particulier dans une île de Croatie magnifique, un petit paradis. En face de cette île, il y a l'île de Brač, d'où sont partis une grande majorité des paysans qui ont colonisé Punta Arenas vers la fin du 19e et au début du 20e siècles. Ces gens vivaient de la vigne et il y a eu une épidémie de phylloxéra. Alors une famille, puis deux, puis trois sont parties. Il y a deux endroits au Chili où les Yougoslaves sont arrivés: Punta Arenas et tout à fait au nord, à Antofagasta. De manière instinctive, j'ai reproduit ce voyage avec le désir d'explorer pour savoir pourquoi: pourquoi on franchit des frontières, des océans ? Pour construire quelle société ? Quels étaient les espoirs ? Et pourqoi, en fin de compte, on se retrouve dans une société cernée de barrières ?" (Georgi Lazarevski, "Le Club de Mediapart", 13 avril 2017)