les yeux d'oc

Jaurès

Jaurès

Pendant sa relation amoureuse avec Simon, Vincent Dieutre a passé ses soirées et ses nuits dans l’appartement de son amant à Paris, à côté de la station de métro Jaurès. De la fenêtre qui donne sur le Canal Saint-Martin, il a filmé la vie du quartier et notamment le quotidien des réfugiés afghans qui campent sous le pont de la rue Lafayette. Réunis dans une salle de mixage, scrutant l’écran où défilent les dernières traces d’un passé enfui, l'actrice Eva Truffaut et Vincent Dieutre commentent le temps qui passe, transformant des images contemplatives en un essai voulant mêler l’intime au politique. Le spectateur est la troisième personne du dispositif, absent à l’écran mais embarqué dans l’histoire, invité à partager affects et questionnements, comme dans une conversation à trois qui aurait lieu dans la vraie vie. «Il y a un cinéma d’imagination, moi au contraire je pose ma caméra et je construis du temps avec le spectateur en lui laissant un espace où entrer. C’est comme si je construisais une petite maison. Il faut que le spectateur puisse se mettre dedans, ressente une empathie qui corresponde à des émotions réelles». (Vincent Dieutre)