les yeux d'oc

Koko le gorille qui parle

Koko, le gorille qui parle

Koko, dont le nom de naissance est Hanna-bi-ko (en japonais, "l'enfant des feux d'artifice"), est un gorille femelle née en captivité au zoo de San Francisco. À l'époque du tournage, elle a sept ans et vit dans un mobil-home installé sur le campus de l'université Stanford. Elle a été confiée en 1972 à l'éthologue Francine Penny Patterson, qui lui apprend la langue des signes. À l'origine, Barbet Schroeder, très intéressé par la question des rapports entre humains et gorilles, avait envisagé de réaliser un film au Rwanda à partir des travaux de Diane Fossey. Lorsqu'il entend parler de Koko, il pense à une fiction dans laquelle le gorille et Penny Patterson partiraient en Afrique pour vivre au contact des grands singes. Le peu d'envie de Koko de quitter sa caravane et les doutes de Penny quant au caractère scientifique du scénario ont contraint Barbet Schroeder à modifier le film en profondeur. Et surtout, lui-même a fait connaissance avec l'animal et découvert une réalité beaucoup plus passionnante et plus riche sur le plan dramaturgique qu'une histoire inventée et somme toute artificielle. Si le documentaire s'est finalement imposé comme l'écriture la plus adaptée, Barbet Schroeder ne s'est toutefois pas contenté de filmer sèchement un processus scientifique. Il met l'accent sur les à-côtés du projet et notamment sur les relations filiales passionnées qui se tissent entre Penny et Koko ou sur les rapports de force qui se jouent entre Penny et le directeur du zoo, désireux de récupérer la guenon. Il va plus loin encore, en commentant en voix off certaines séquences, introduisant subtilement des interrogations sur les aspects éthiques de l'expérience et sur la frontière parfois mince qui sépare l'homme de l'animal. Très suivie par les médias tout au long de son existence, Koko s'est éteinte le 20 juin 2018 à l'âge de 46 ans. Son amie, Penny Patterson, est l'actuelle présidente et co-fondatrice de la Gorilla Foundation et la redactrice en chef de la revue "Gorilla".