les yeux d'oc

Général Idi Amin Dada

Général Idi Amin Dada, autoportrait

Idi Amin Dada, colosse africain analphabète formé au métiers des armes sous l'administration britannique, joue un rôle de premier plan au moment de l'indépendance de l'Ouganda. Promu général de la jeune armée ougandaise, il met à profit sa notoriété pour fomenter un coup d'État qui le porte au pouvoir le 25 janvier 1971. Rapidement, il organise une répression sanglante contre ses opposants politiques et s'auto-intronise président à vie. En France, le producteur Jean-Pierre Rassam (Mara films) propose à Barbet Schroeder de lui confier le tournage d'un film, prévu au départ pour la télévision, sur un chef d'État de son choix. Le cinéaste suisse s'intéresse de près à Amin Dada et, après s'être documenté sur son personnage, grâce notamment à la presse anglo-saxonne, part peu de temps après pour Kempala où il se met à disposition du monarque et l'encourage à mettre en scène sa vie dans la sphère privée comme dans la sphère publique. Au terme de trois semaines de tournage, plus de sept heures de rushes et six mois de montage, "Général Idi Amin Dada, autoportrait" sort finalement en salle à Paris et connaît un important succès public. Dans la foulée du film, Schroeder s'intéresse à d'autres personnalités sulfureuses, dans la perspective de réaliser une "trilogie du mal". Si son projet sur des ex-Khmers rouges est abandonné faute de financement, celui sur Jacques Vergès, "L'Avocat de la terreur", voit le jour en 2007. Plus récemment, Barbet Schroeder a réactualisé son projet de 1974 avec un portrait du moine bouddhiste extrémiste Ashin Wirathu, "Le Vénérable W" (2017).