les yeux d'oc

La Moindre des choses

La Moindre des choses

Tous les ans, pensionnaires et soignants de la clinique psychiatrique de La Borde (Loir-et-Cher) se rassemblent pour préparer la pièce de théâtre qu'ils joueront le 15 août. "C'est un des hauts lieux de la psychothérapie institutionnelle, où se conçoit et s'expérimente une autre idée de l'asile, plus proche de son sens premier, une expérience de vie commune qui embarque soignants et soignés dans la même aventure. Reste qu'il faut vouloir, en tant que cinéaste, se confronter à la folie [...] "La Moindre des choses" [...] est plutôt une subtile partie de bonneteau, qui se décide pour le cinéaste hésitant lorsqu'il apprend que chaque été une pièce de théâtre est jouée par quelques soignants et pensionnaires de La Borde au cours d'une représentation publique unique [...] C'est, en d'autres termes, une opportunité inespérée pour le cinéaste de filmer les fous non pour le spectacle pathétique et racoleur qu'ils donneraient d'eux-mêmes, mais à travers la mise en oeuvre d'un véritable spectacle, en vertu duquel tout acteur, doué ou non de "raison", est sommé de délirer en s'ouvrant à l'altérité de son personnage [...] A cela s'ajoute un coup de hasard qui rend l'affaire vertigineuse : cette année-là, c'est "Opérette" (1966) de l'écrivain polonais Witold Gombrowicz qui est choisie, une farce opportunément folle, d'une noirceur grotesque, sur le délire de l'ordre social." (J. Mandelbaum, catalogue de la rétrospective Nicolas Philibert à la Bpi-Centre Pompidou, novembre 2009)

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